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On nous cache tout


Quelle bonne idée a eu Jacques Dutronc de remonter en scène avec les bijoux que lui avait ciselés jadis Jacques Lanzmann ! Indémodables ! Reprenez donc en chœur « On nous cache tout, on ne nous dit rien » et c’est l’actualité de la semaine qui défile et passe à la moulinette. Le réchauffement climatique, par exemple. Avec l’acquittement de Villepin, c’est sûr que la planète va encore gagner quelques degrés. Entre le président Sarkozy et l’ex mentor de Chirac, le thermomètre risque même d’exploser.
Nicolas Sarkozy l’avait pourtant annoncé dans son interview télévisé de septembre dernier : les « coupables » de l’affaire Clearstream seront traînés devant le tribunal correctionnel. Le spectre de la peine de mort n’était pas loin. Résultat, patatras ! Les coupables du président sont les innocents des magistrats. Où va-t-on si la justice de la république défie les élus de la nation ?
Des kilomètres d’enquêtes, des millions d’euros d’heures perdues, tout ça pour rien. Pour faire mentir le chef de l’état français ? Mitterand et Chirac doivent se retourner dans leurs tombes.
Après la remise en cause de la taxe carbone par le conseil constitutionnel, c’est un autre pan de la politique de l’environnement qui fond comme un vulgaire glacier.
Ces glaciers dont la télé et les magazines nous montrent semaine après semaine l’agonie dégoulinante dans des images de films catastrophe. Or, après des années de controverse, le principal groupe d’experts sur le climat, le GIEC, a reconnu qu’il s’est trompé aussi bêtement que ses collègues économistes : non, l’Himalaya dont il annonçait avec perte et fracas l’effondrement de la couche neigeuse dans les trente ans se porte très bien, merci, ou plutôt très froidement. Le gigantesque bâton glacé va le rester. Que les amateurs de l’entracte se rassurent. Mais alors, monseigneur Léonard, dites-nous, qui faut-il encore croire ?
La visite de notre ministre des affaires étrangères au Congo nous offre un autre exemple de cactus. D’après Steven Vanackere, le président Kabila n’est pas seulement un excellent compagnon de bistrot. Cet homme peut sauver la Belgique. Nous rendre enfin ce que nous avons apporté jadis à la colonie. A l’heure où les ouvriers d’Inbev bloquent la sortie de nos brasseries, le Congo dévoile devant les caméras son trésor : de la bière qui coule à flots. Quand Kabila et Vanackere lèvent leurs verres, c’est la Belgique qui mousse.
Mais faut-il croire à ces promesses. Ou écouter plutôt l’ancien ministre, le très pisse-froid Karel De Gucht ? D’accord, Karel, c’est avec notre argent que les Congolais ont acheté ces sacrés fûts mais s’ils sont prêts à les vider avec nous, pourquoi faire la fine bouche ?
Qui a tort ? Qui a raison ? On nous cache tout, on ne nous dit rien…

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    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…