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Orval et Mademoiselle Else : deux pépites du 9ième art


Orval tome 1Jean-Claude Servais le sait-il ? Le nom de famille « Vaes » est le diminutif du prénom flamand « Servaes » qui a donné en français « Servais ». Même s’il est léger, on peut donc faire un rapprochement patronymique entre le dessinateur gaumais et Henry Vaes, ingénieur-architecte qui construisit à partir de 1929 la nouvelle abbaye d’Orval. Or d’Orval il est justement question dans le dernier album du bédéiste belge.

Ce premier tome retrace l’histoire de l’abbaye depuis le XIième siècle jusqu’au lendemain de la révolution française, sous la conduite de bénédictins et ensuite de moines cisterciens. Le dessinateur de Jamoigne connaît la région et s’est longuement documenté sur l’histoire du lieu. Le résultat est splendide : on y retrouve sa sensibilité de trait et son talent narratif. Avec en prime les magnifiques couleurs de Raives. Vivement octobre 2010 pour le second tome qui retracera l’évolution de l’abbaye depuis 1793 jusqu’à aujourd’hui !…

Orval, Première partie, Jean-Claude Servais, Dupuis, 56p.

9782756015491Autre bd, autre plaisir. Architecte de formation, l’Italien Manuele Fior nous entraîne dans un voyage à travers les pensées intérieures de son héroïne, dans une magistrale adaptation du roman d’Arthur Schnitzler Mademoiselle Else. Première surprise en ouvrant l’album : le graphisme éblouissant ! Le dessin désuet et gracieux dans le style de l’Art Nouveau colle à merveille au cadre historique du récit. Influences indéniables de peintres comme Klint, Bonnard ou Munch dans le dessin du jeune auteur. En évitant toute mièvrerie, Manuele Fior rend compte avec brio des tourments d’une jeune bourgeoise, Mademoiselle Else, qui apprend sur son lieu de villégiature que son père est ruiné. Pour le sauver du déshonneur, elle quémande une grosse somme d’argent à un ami de la famille qui séjourne au même endroit. Ce dernier trouvant la demoiselle fort à son goût ne va pas hésiter à marchander son aide financière, ce qui ne va pas être sans conséquence sur le psychisme de la jeune femme… 

 Mademoiselle Else, Manuele Fior, d’après un roman d’Arthur Schnitzler, Delcourt

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…