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Parce que l’histoire est impuissante


TESSARECH_Sentinelles_ptLes sentinelles, Bruno Tessarech, Paris : Grasset, 2009. 378 p. 20 €

On croit tout savoir sur la Seconde Guerre et la Shoah, et pourtant, on se trompe. On ne saura jamais tout. Dans “Les Sentinelles”, l’auteur, un historien, recourt au roman pour essayer de comprendre l’impuissance de ceux qui ont été témoins de l’horreur et n’ont pas su modifier le cours des événements. Allemands, Français, Américains, Anglais. Et à travers Roosevelt, il apporte un élément crucial pour comprendre en quoi Hitler était bien le mal absolu : l’adoption d’une position morale – à savoir voler au secours des Juifs dans les camps – aurait conduit à une victoire militaire des nazis. La perversion hitlérienne est telle qu’elle a rendu ses adversaires complices de son pire crime.
Bien mieux que “Les Bienveillants”, ces “Sentinelles”, roman mosaïque où se dessinent les contours d’une vérité fragile et kaléidoscopique, nous permettent d’approcher d’un pas nouveau ce gouffre où notre civilisation a perdu plus que son âme. Et apportent un élément de réponse à la question terrible : pourquoi ceux qui savaient n’ont rien fait ?

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…