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Peintre d’émotions


Le Turquetto, Metin Arditi, Arles : Actes Sud, 2011. 285 p. 20 €

Avec “Parlez-leur de batailles, de rois et d’éléphants”, Énard, à partir d’une scorie, avait construit un magnifique roman racontant la visite de Michel Ange à Constantinople. À partir d’une autre scorie (une signature énigmatique au bas d’un tableau attribué au Titien) Arditi fait le chemin inverse ; retracer le destin extraordinaire d’un jeune Juif né à Constantinople en 1531 et devenu l’un des plus grands peintres vénitiens. De ce peintre, condamné par l’Inquisition, il ne resterait rien, sauf peut-être ce portrait de “L’homme au gant”. Et, désormais, ce roman magnifique qui, au-delà de ce destin singulier et du tableau qu’il dresse de Venise — un sujet dont on ne se lasse pas quand il est si bien traité —, réfléchit sur ce qui fonde — ou pas — les différences entre les trois religions du Livre. Sans oublier le tour de force exceptionnel qui consiste à faire voir des tableaux disparus et à faire ressentir l’émotion qui a dû saisir leurs spectateurs, fut-ce au moment de leur destruction…

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…