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Personnage ambivalent pour roman envoûtant


Sujet ô combien délicat, l’hermaphroditisme est traité avec finesse et bienveillance dans le très joli roman d’Eric Paradisi, Un baiser sous X. On a tous en mémoire le magnifique  Middlesex de Jeffrey Eugenides, on était là dans l’envergure anglo-saxonne avec ces 684 pages de saga polymorphe : récit d’apprentissage, roman épique, comédie. Un texte foisonnant et soutenu.   

 Le roman de Paradisi est plus sage et nettement plus court (188p.). Il rend compte avec pudeur de la difficulté de choisir son identité pour Camille qui est né(e) avec testicules et ovaires. Camille est fille et garçon, et ipso facto est contraint(e) à l’imposture : quoi qu’il/elle fasse, il/elle doit sans cesse cacher aux autres la moitié de son identité. Camille vit dès lors dans la crainte d’être démasqué(e). Il/elle a une existence sans amour physique, comment en effet dévoiler au partenaire son ambivalence? La seule sexualité accessible est celle des baisers. A ce titre, bravo à Eric Paradisi pour les très belles descriptions de l’intensité érotique de certains d’entre eux. 

 Un baiser sous X, Eric Paradisi, Fayard, 188p.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…