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Plan B


 Est-ce l’influence du principe de précaution ? Un homme politique sans plan B, c’est un fonctionnaire sans parapluie, une boucherie sans os, ma maman sans sa boîte d’aspirine et la photo de son fils adoré.
 Pas besoin que le plan B soit très différent du plan A. Il suffit qu’il existe pour rassurer le citoyen sur les capacités du politicien à sauver la planète, la Belgique, sa pension et ses petites économies.
 Ainsi, d’après ce qui filtre des négociations gouvernementales, le plan A de monsieur Di Rupo signifie Autonomie de la Flandre, le plan B, aussi mais traduit en anglais: Boom for Belgium !
Comptons sur l’imagination de notre pré-formateur pour avoir gardé en réserve un plan C comme chaos (en néerlandais, plan K.O.) et un plan D comme De Wever, un projet qui prend beaucoup de place mais reste étrangement vide.
  La mise sur pied d’une « révolution copernicienne » suppose la collaboration des journalistes et des télés. Le plan media A de toute bonne discussion politique signifie Abonnés absents. On négocie en silence et en paix vu que les lecteurs et les téléspectateurs (qu’on appelle aussi « citoyens » mais seulement une fois tous les quatre ans) sont en train de manger des gaufres chez Siska car sur la plage c’est tempête, tonnerre et feu de Dieu (étrange miroir du conclave pré-gouvernemental).
 Le plan B, c’est le blabla qu’on se sent obligé de déverser devant micros et caméras depuis quelques jours parce qu’avec la rentrée, les gens commencent à se demander ce que l’on a fait de leurs votes depuis deux mois et les contribuables ce qu’on va faire de leur argent d’ici peu.
  Pendant ce temps, Charles Picqué qui a réfléchi pour son président de parti à l’avenir de la région bruxelloise, lui a soumis un plan A comme argent, un B comme blé, un C comme capital, un D comme douiller, un F comme fric, un G comme galette, un K comme kopecks, un P comme pèze, un O comme oseille, un P comme picaillons et s’il le faut un plan R comme radis, qui n’est pas grand-chose mais mieux que rien.
 Qu’on cesse de prétendre que Picqué est brouillon, passif et inefficace. Vingt six plans différents soumis au pré-formateur, c’est vingt-cinq de plus que Bart De Wever !
  Et l’opposition ? On ne l’a pas beaucoup entendue depuis la torgnole qu’elle a reçue en juin dernier. Mais elle aussi travaille. Le plan A de Didier Reynders est de s’accrocher et le plan B de ne pas se laisser bousculer par tous ceux qui lorgnent sa place. Et l’avenir de la Belgique, demanderez-vous ? Didjé s’en occupe, croyez-le, puisqu’au train où vont les choses, il pourrait continuer à gouverner jusqu’aux prochaines élections sans même un parlement pour l’enquiquiner.

Réagissez

    • Il faut

      Rien ne dit que le sémillant Wade, qui brigue un troisième mandat présidentiel alors que la Constitution du pays ne l’autorise à en accomplir que deux, ne postulera pas, le moment venu, pour un quatrième. Il ne faut pas décourager les vocations, fût-ce à 85 ans (déclarés) comme lui ; d’ailleurs, il y a trop de jeunes au Sénégal…

    • Est-il politiquement correct de se dire que

      des gens à la rue par ce froid n’est pas acceptable. Maggie ne joue pas les enchanteresses. Peter refuse que les bus de l’armée servent aux transports, concurrence avec de Lijn oblige. Et les bien-pensants estiment que « les bobos gauchos » … doivent prendre « en charge, chez eux et à leurs frais, quelques réfugiés économiques ». Triste pays, tristes sires. Personnellement, je préférerais que mes impôts leur servent à quelque chose, plutôt qu’à financer les intérêts notionnels et particuliers de certaines entreprises.

    • Il faut

      Si, comme il l’a confié en Guyane, Nicolas Sarkozy envisage « la fin de sa carrière », et ainsi sa défaite à la Présidentielle de 2012, il sera facile de deviner ce qu’il dirait lors de ses adieux : à savoir que ce n’est pas sa faute si les français sont si allergiques aux réformes – bref, qu’ils ne le méritaient pas ! Et de conclure : « Je vous quitte, car maintenant, il faut que je me fasse de l’argent… »