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Pour moi, ce sera une salade!


D’après un échange anormalement sérieux que j’ai eu récemment en Anglais avec Hideo Noguchi, une de ces belles rencontres fortuites faites à Tokyo. Voir publication précédente…

« Cher Hideo,

Je compatis, d’autant plus que je commence à m’inquiéter de la composition des plats à emporter qu’il m’est arrivé d’acheter de nuit à Tamachi.

Tout en lisant ton message, j’ai essayé d’imaginer le taux d’autosuffisance alimentaire de la Belgique – je ne sais pas pourquoi, j’ai tout de suite aimé ce taux – puis, me suis mis immédiatement à sa recherche.

Merci de compatir aussi car nous partageons les mêmes maux…

Nous sommes un peu plus de 10 millions de belges et l’on a abattu l’année passée dans notre pays, plus de 11,5 millions de porcs. Il ne faut pas comparer ce qui n’est pas comparable, mais je ne peux m’empêcher de visualiser les deux populations côte à côte, si j’ose dire. Non seulement le Belge mange près de trois fois plus de viande qu’il ne devrait mais en plus, nous faisons partie des plus importants exportateurs de viande en Europe.

À l’exception de ceux de la volaille, ce sont d’ailleurs les premiers taux d’autosuffisance concernant notre pays que j’ai pu trouver (1): 211% pour la viande porcine et 142% pour celle de bœuf.

Cette surconsommation – problème que connaissent de nombreux autres pays industrialisés – et surproduction sont, en grande partie, responsables de notre très moyen résultat en termes d’autosuffisance alimentaire. Soit, un taux de… 50% que j’ai fini par trouver dans un rapport régional (2). J’avais visé bien plus haut ! Nous importons donc déjà aujourd’hui, plus de la moitié de notre consommation alimentaire car ce taux serait encore en diminution, l’amélioration de la productivité agricole ne permettant pas de compenser la diminution constante de la surface agricole belge.

Je ne sais pas chez toi mais ici, on parle de plus en plus des méfaits de la viande et de sa production, notamment dans la perspective d’un développement durable. Et le message a l’air de porter ses fruits…

L’année passée, la ville de Gand (la troisième ville du pays en nombre d’habitants) a réalisé une première en Europe en instaurant une journée sans viande. Entre autres actions, des menus végétariens sont servis tous les jeudis dans les cantines municipales et dans les écoles. Les villes de Baltimore aux USA et de Sao Paulo au Brésil ont fait de même et des campagnes similaires pour un jour sans viande se multiplieraient dans le monde…

Alors, que vas-tu manger ce soir… !?
À moins que vous ne soyez dans la « Journée sans poisson »…

Emmanuel

(1) Rapport de la Belgian Meat Office
(2) D’après ce rapport d‘Inter-Envirronement Wallonie (IEW) de 2008, il n’existerait pas, ni à l’échelle européenne ni aux échelles nationales, d’indicateur ou d’un quelconque suivi du taux d’autosuffisance alimentaire et le taux européen serait proche des 100%.

Réagissez

    • Il faut

      Rien ne dit que le sémillant Wade, qui brigue un troisième mandat présidentiel alors que la Constitution du pays ne l’autorise à en accomplir que deux, ne postulera pas, le moment venu, pour un quatrième. Il ne faut pas décourager les vocations, fût-ce à 85 ans (déclarés) comme lui ; d’ailleurs, il y a trop de jeunes au Sénégal…

    • Est-il politiquement correct de se dire que

      des gens à la rue par ce froid n’est pas acceptable. Maggie ne joue pas les enchanteresses. Peter refuse que les bus de l’armée servent aux transports, concurrence avec de Lijn oblige. Et les bien-pensants estiment que « les bobos gauchos » … doivent prendre « en charge, chez eux et à leurs frais, quelques réfugiés économiques ». Triste pays, tristes sires. Personnellement, je préférerais que mes impôts leur servent à quelque chose, plutôt qu’à financer les intérêts notionnels et particuliers de certaines entreprises.

    • Il faut

      Si, comme il l’a confié en Guyane, Nicolas Sarkozy envisage « la fin de sa carrière », et ainsi sa défaite à la Présidentielle de 2012, il sera facile de deviner ce qu’il dirait lors de ses adieux : à savoir que ce n’est pas sa faute si les français sont si allergiques aux réformes – bref, qu’ils ne le méritaient pas ! Et de conclure : « Je vous quitte, car maintenant, il faut que je me fasse de l’argent… »