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Pour qui sonne le glas ?


Tout est aujourd’hui source d’angoisse. Même ces bonnes fêtes de Pâques, image jadis du bonheur bon enfant et sans arrière pensée. A l’idée que le Vatican nous envoie ses cloches, maintenant, la planète tremble. Cardinaux, évêques et curés implorent le ciel. Que nous réserve cette année Benoît XVI, le Gérald Ford des temps modernes ?

Après ses propos désolants sur les musulmans, la réintégration d’un évêque illuminé révisionniste, le découragement du préservatif et le silence sur l’excommunication d’un médecin qui a sauvé la vie d’une gamine au Brésil, de quoi va-t-il farcir les œufs ?

Jaloux du succès médiatique du G 20 et de la réunion de l’OTAN, on peut lui suggérer, pour revenir à l’avant-plan de l’actualité, quelques idées susceptibles de lui rendre un peu de popularité : l’excommunication d’Obama pour avoir critiqué le très saint et très pieux Georges Bush, la conversion à titre honorifique du nouveau ministre israélien des affaires étrangères pour ses aimables propos sur les Arabes, histoire d’annoncer joyeusement son voyage en terre sainte, la béatification de Rudolf Hess pour avoir voulu empêcher les Alliés de vaincre la pauvre Allemagne, l’obligation pour tous les curés de plus de cinquante ans de porter une Rolex pendant la messe, le port de la burka par les ministres sociaux-chrétiens obligés de cohabiter dans des gouvernements de coalition avec des politiciens sans Djeu. Après l’affront commis par la Belgique, dont le parlement a voté la condamnation de ses propos, il pourrait aussi décider, en rétorsion, de transposer dans une encyclique la directive européenne qui autorise d’appeler « chocolat » une confiserie où le bon beurre de cacao est remplacé par des graisses végétales.

Le souci d’ouverture du pape a été mal compris : son erreur a été de se déporter vers l’extrême droite au lieu de pratiquer, à l’instar du président Sarkozy, la récupération de la gauche. Plutôt que de rallier les quelques centaines d’égarés gâteux de monseigneur Lefèbvre, il ferait mieux de récupérer les communistes, en mal de leadership. D’Amérique latine à Cuba, de Moscou à Hanoï, ils sont orphelins d’un vrai patron qui leur montre le chemin du paradis. S’il proclamait Staline et Lénine bienheureux, Benoit XVI gagnerait à sa cause quelques millions de bolcheviques à la dérive. Dans une église en mal de vocation, il transformerait facilement des militants professionnels en curés de choc, prêts à porter sa bonne parole. Ce serait trahir l’œuvre de Jean-Paul II ? Bah ! La trahison a commencé dès son élection…

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…