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Quand le président Ahmadinejad s’ennuie


Quand le président Ahmadinejad s’ennuie, il réunit la presse comme dimanche dernier et déclare que la présence d’Israël au Moyen Orient, « ne serait-ce qu’un centimètre du sol de la région » est « source de menaces, de crises et de guerres ». Autrement dit, il est temps de « balayer l’état sioniste bien loin ». Ca tombe bien, on aura des missiles dans pas longtemps. Ma femme est déjà en train de faire mijoter la casserole. Hochements de tête satisfaits de ses invités, les chefs des mouvements Hamas, du Jihad islamique et du Front populaire pour la libération de la Palestine-Commandement général (ne pas oublier d’ajouter Commandement général, svp sinon on ne s’y retrouve plus).

Lesquels chefs, en fait de menaces, de crises et de guerres, sont des pros. On peut leur faire confiance.

Quand le président Ahmadinejad s’ennuie, il déclare que l’holocauste, l’élimination des Juifs, les camps de concentration, tout ça c’est des carabistouilles, des contes à faire peur aux petits enfants iraniens. Il ne faut pas raconter des histoires horribles aux petits car ça leur donne des cauchemars.

Lequel président en fait de cauchemar, il en connaît un bout sur la question. On peut lui faire confiance.

Quand le président Ahmadinejad s’ennuie, il a la nostalgie de l’époque où il suivait des cours pour devenir ingénieur. Alors, il bricole des petites têtes atomiques qui pourront nettoyer la région de ceux qu’ils n’aiment pas et même au-delà si affinités.

Il paraît que sa population est de tout cœur (du réacteur) avec lui. Critiquer l’acquisition des jouets atomiques du président, cela s’appeler porter gravement atteinte à l’honneur du pays. Comme dénoncer la misère de la population, la censure et les élections truquées.

Avec l’honneur, on ne joue pas.

Justement, en matière d’honneur, le président est un spécialiste. Il a toujours veillé à respecter l’honneur de tous ceux qu’il a fait mettre en prison et exécuter. En leur permettant de dire leurs prières avant qu’on leur coupe le cou. Et non après.

Quand le président Ahmadinejad s’ennuie, il organise des élections. Et, voyez, comme les choses sont bien faites. Il les gagne toujours. Quel que soit le résultat dans les urnes.

Quand le président Ahmadinejad s’ennuie, il pense au retour de l’imam caché, le Mahdi, qui guidera les hommes à la fin des temps après de longs tourments (les femmes, elles, sont et resteront cachées).

Même que le président commence à s’impatienter. Depuis les siècles qu’on l’attend, le Mahdi, le président aimerait bien accélérer un peu les choses. Ce qui suppose d’abord le déclenchement de l’apocalypse.

Ca tombe bien. En fait d’apocalypse, le président, il sait tout sur la question.

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Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…