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Que la vie demeure


Contrepoint, Anna Enquist, Arles : Actes Sud, 2011. 231 p. 20 €

J’ai toujours été passionné par les rapports privilégiés – mais si délicats à établir – qui existent entre la musique et la littérature. Pas simplement raconter qu’un personnage va au concert ou joue d’un instrument ; trouver la vraie “symphonie”. C’est ce miracle qu’accomplit Enquist. La narratrice s’applique – s’acharne – à jouer les Variations Goldberg de Bach, composées après la mort d’un de ses fils. Elle vient de perdre sa fille. Du clavier au stylo, de la musique au souvenir, se compose sous nos yeux l’alchimie du récit de mémoire. Celui par lequel, magiciens fragiles et impuissants, les écrivains s’efforcent de maintenir en vie ceux qui ne sont plus. Ceux qui ne vivent plus que dans la musique, dans les mots.
Il ne s’agit en aucun cas d’un requiem lugubre. Une musique de vie, avec ses joies, ses tensions, ses combats, ses moments de tendresse. Un canon, une fugue ; deux vies à l’unisson, même si l’une d’elles s’est éteinte.
Un livre à lire en écoutant Bach, évidemment.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…