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Questions orwelliennes


Jusqu’il y a peu vivait en France l’un des plus grands polémistes que le monde ait connus ce dernier tiers de siècle. Il était le fondateur d’une maison d’édition qui rendit accessible au public presque toute l’oeuvre non dévoilée de George Orwell. Jaime Semprun est mort cet été à Paris. L’information n’est connue que par un entrefilet nécrologique paru dans Le Monde à l’initiative de ses amis…
Si ce journal s’affirme (aux dires de son Directeur, dans les éditions des 31/ X - 1/ XI, « non aligné« , peut-il expliquer pourquoi la disparition du fils de Jorge Semprun ne fit l’objet d’aucun commentaire dans ses colonnes ?
Le même numéro n’offre-t-il pas une entière page publicitaire à Claude Bébéar, présenté comme « l’homme-clé du capitalisme français » - dont la propagande patronale ferait qualifier de fades les éditoriaux du Figaro ?
L’intellectuel critique du pouvoir doit-il être obligatoirement chinois pour voir signalée son existence par une presse « n’épous(ant) aucune ligne partisane ? »
Ou faudra-t-il s’en remettre à M. Hu Jintao, lors de sa prochaine visite au pays des Lumières, pour le prier d’intercéder afin que l’oeuvre et la vie du dissident français Jaime Semprun soient enfin rendues mondialement publiques par la grâce du Quotidien du Peuple ?
Questions rien moins qu’orwelliennes !

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…