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Raconte-moi… une boîte de chocolats


Il existe une similitude entre certains albums et des boîtes de chocolat. En effet, certaines d’entr’elles se déballent et se dégustent rapidement, presque avec gourmandise, vite avalées, vite oubliées. Pour le plaisir furtif des sens, quitte parfois à s’en rendre malade, en avoir la nausée et ne plus jamais y toucher.

Par contre, d’autres ballotins sont manipulés avec délicatesse, car leur emballage et le prestige de la marque font déjà partie du désir. Contempler les multiples chocolats dans leur écrin magique relève parfois du cruel dilemme tant tout semble bon et procure cette douce sensation de bien-être et de tranquille confiance. Puis vient le moment de la découverte, du bonheur intime de laisser fondre le chocolat sous la langue, histoire de garder un souvenir quasi impérissable de cette rencontre au plus profond de la mémoire.

L’album de la chanteuse américaine Stacey Kent est – et on s’en serait douté – à ranger évidemment dans la seconde catégorie: celle des grands moments.
“Raconte-moi” est un ensemble de douze chansons, intégralement enregistrées en français. Avec, avant tout, le piège évité de reprendre les grands classiques de la chanson française style les feuilles mortes ou la vie en rose déjà tellement reprises et reprises que les écouter dans une énième version n’offre pas toujours un plus pour l’interprète eu égard à leur version originale.

Ici rien de tout cela car la charmante Stacey nous fait découvrir avec brio un répertoire de chansons peut-être moins connues, mais qui laissent la part belle à des auteurs comme Benjamin Biolay, Paul Misraki et d’autres encore. Exception faite pour trois grands standards que sont le Jardin d’hiver d’Henry Salvador, les vacances au bord de la mer de Jonasz et une superbe version du Mal de vivre de Barbara pour clore l’album. Le tout dans une atmosphère très intimiste, allant de la samba douce à la ballade, saupoudré d’un parfum de retenue, de calme, et n’ayons pas peur de le dire de sérénité.

Comme toujours, Stacey Kent se veut professionnelle jusqu’au bout des ongles et ce grâce à la présence de son quartet habituel, à la chaude tonalité de son saxophoniste et mari Jim Tomlinson, à la beauté de son phrasé et à sa voix agréable ne dépassant jamais ses limites.

Un album tout en douceurs loin des versions swinguantes qui ont fait la renommée de la plus française des chanteuses américaines. Beaucoup de charme, de lyrisme et une douce sensation de plaisir, aussi agréable que celui laissé par le goût du chocolat fondant dans la bouche.

Raconte -moi….
Blue Note /Stacey Kent

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…