Facebook

Raconte-moi… une boîte de chocolats


Il existe une similitude entre certains albums et des boîtes de chocolat. En effet, certaines d’entr’elles se déballent et se dégustent rapidement, presque avec gourmandise, vite avalées, vite oubliées. Pour le plaisir furtif des sens, quitte parfois à s’en rendre malade, en avoir la nausée et ne plus jamais y toucher.

Par contre, d’autres ballotins sont manipulés avec délicatesse, car leur emballage et le prestige de la marque font déjà partie du désir. Contempler les multiples chocolats dans leur écrin magique relève parfois du cruel dilemme tant tout semble bon et procure cette douce sensation de bien-être et de tranquille confiance. Puis vient le moment de la découverte, du bonheur intime de laisser fondre le chocolat sous la langue, histoire de garder un souvenir quasi impérissable de cette rencontre au plus profond de la mémoire.

L’album de la chanteuse américaine Stacey Kent est – et on s’en serait douté – à ranger évidemment dans la seconde catégorie: celle des grands moments.
“Raconte-moi” est un ensemble de douze chansons, intégralement enregistrées en français. Avec, avant tout, le piège évité de reprendre les grands classiques de la chanson française style les feuilles mortes ou la vie en rose déjà tellement reprises et reprises que les écouter dans une énième version n’offre pas toujours un plus pour l’interprète eu égard à leur version originale.

Ici rien de tout cela car la charmante Stacey nous fait découvrir avec brio un répertoire de chansons peut-être moins connues, mais qui laissent la part belle à des auteurs comme Benjamin Biolay, Paul Misraki et d’autres encore. Exception faite pour trois grands standards que sont le Jardin d’hiver d’Henry Salvador, les vacances au bord de la mer de Jonasz et une superbe version du Mal de vivre de Barbara pour clore l’album. Le tout dans une atmosphère très intimiste, allant de la samba douce à la ballade, saupoudré d’un parfum de retenue, de calme, et n’ayons pas peur de le dire de sérénité.

Comme toujours, Stacey Kent se veut professionnelle jusqu’au bout des ongles et ce grâce à la présence de son quartet habituel, à la chaude tonalité de son saxophoniste et mari Jim Tomlinson, à la beauté de son phrasé et à sa voix agréable ne dépassant jamais ses limites.

Un album tout en douceurs loin des versions swinguantes qui ont fait la renommée de la plus française des chanteuses américaines. Beaucoup de charme, de lyrisme et une douce sensation de plaisir, aussi agréable que celui laissé par le goût du chocolat fondant dans la bouche.

Raconte -moi….
Blue Note /Stacey Kent

Réagissez

    • Il faut

      Si Marine Le Pen ne réunit pas les 500 signatures nécessaires à sa candidature à la Présidentielle, tant mieux ! En 2002, Chirac avait donné des instructions pour que le père les obtienne et puisse concourir : on a vu les conséquences le 21 avril. Il faut récuser l’argument selon lequel « je suis contre vos idées, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez les défendre » : car eux, ne demandent qu’à se débarrasser de nous…

    • Il faut

      Rien ne dit que le sémillant Wade, qui brigue un troisième mandat présidentiel alors que la Constitution du pays ne l’autorise à en accomplir que deux, ne postulera pas, le moment venu, pour un quatrième. Il ne faut pas décourager les vocations, fût-ce à 85 ans (déclarés) comme lui ; d’ailleurs, il y a trop de jeunes au Sénégal…

    • Est-il politiquement correct de se dire que

      des gens à la rue par ce froid n’est pas acceptable. Maggie ne joue pas les enchanteresses. Peter refuse que les bus de l’armée servent aux transports, concurrence avec de Lijn oblige. Et les bien-pensants estiment que « les bobos gauchos » … doivent prendre « en charge, chez eux et à leurs frais, quelques réfugiés économiques ». Triste pays, tristes sires. Personnellement, je préférerais que mes impôts leur servent à quelque chose, plutôt qu’à financer les intérêts notionnels et particuliers de certaines entreprises.