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Réécouter Le Silence de la mer


Le Silence de la mer, suivi de La Marche à l’étoile et autres nouvelles, Lu par Jean-Claude Dauphin, Audiolib, 4h34, 18 €

C’est en 1942 que Vercors, pseudonyme de l’illustrateur Jean Bruller, publie Le Silence de la mer, premier titre des éditions de Minuit nées dans la clandestinité. D’autres livres signés Eluard, Aragon, Mauriac ou Bost paraîtront dans cette maison devenue depuis, grâce à son directeur, Jérôme Lindon, l’une des plus importantes en France. On connaît l’histoire de ce très bref texte. Un jeune officier allemand, francophile et humaniste, s’installe dans une maison où vivent un vieil homme et sa nièce. Pendant toute la durée de cette cohabitation obligée, ceux-ci vont, en guise de résistance, garder le silence, laissant leur hôte soliloquer.
Près de soixante ans plus tard, ce texte magnifique, fondamental, qui dit avec une grande justesse les sentiments et émotions qui se dissimulent sous le silence, n’a rien perdu de sa force. Il trouve une nouvelle vérité grâce à la voix grave et chaude de Jean-Claude Dauphin. Ce CD comprend d’autres nouvelles de Vercors écrits à cette époque, Désespoir est mort, Ce jour-là, Le Songe, L’Impuissance, Le Cheval et la Mort et L’imprimerie de Verdun, ainsi que La Marche à l’étoile paru en 1943. Comme bonus, François Bruller, le fils de l’auteur, raconte le contexte dans lequel a été écrit ce roman.

Parmi l’abondante production d’Audiolib, signalons les deux derniers romans policiers de la Suédoise Camilla Läckberg, née en 1974 et publiée chez Actes Sud Noir. Dans L’Oiseau de mauvais augure (23 €, 13h20), mis en voix par le comédien Eric Herson-Macarel., Erika, sortie de sa dépression postnatale, accueille chez elle sa sœur Anna et s’apprête à épouser Patrik, inspecteur confronté à deux morts suspectes: une femme, dans un accident de voiture, avec un fort degré d’alcoolémie alors qu’elle ne buvait jamais, et une participante à un jeu de téléréalité qui se déroule dans la ville. Double suspense, courts chapitres alternés, final surprenant. L’Enfant allemand (25 €, 16h25) aborde la passé nazi de la Suède. Un vieil homme, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, est retrouvé mort dans la maison où il vivait avec son frère. Au même moment, l’héroïne déniche dans une malle une médaille nazie ainsi que le journal intime de sa mère. Elle y découvre qu’adolescente, celle-ci fréquentait pendant la guerre ces deux frères ainsi qu’un troisième garçon devenu membre d’une association xénophobe et raciste. Cette solide intrigue, qui porte un autre regard sur un pays réputé pour ses avancées sociales, est humanisée par l’attention protée au quotidien des personnages.

Toujours chez le même éditeur, vient également de paraître le livre de souvenirs de Jean-Pierre Marielle, Le Grand n’importe quoi (19 €,3h50). Plutôt des bribes de souvenirs dispensées sous la forme d’un abécédaire. On croise l’acteur en adolescent ne sachant que faire puis en jeune homme apprenant le métier d’acteur avec Belmondo, Crémer et d’autres. Il y est question du monde du cinéma regardé non ans une certaine distance par un «solitaire bavard» qui s’estime «décalé» parce que «calé en rien» et dont l’un des mots préférés de la langue française est «non». Tout en s’affirmant amoureux des mots et de la langue. D’autant plus réjouissant que c’est Marielle lui-même qui prête sa voix au texte.

« Ecouter Lire »

Les éditions Gallimard, à travers leur collection Ecouter lire, publient également des livres-audio de grande qualité. Deux classiques de a littérature viennent enrichir leur catalogue. D’une part, L’Appel de la forêt, publié en 1903 par Jack London et lu par Aurélien Recoing (23 €, 3h50). L’auteur engagé à gauche, qui a 27 ans et déjà une vie aventureuse derrière lui, connaît un grand succès avec cette histoire d’un chien domestique devenu un chien de traineau au Klondike, lui-même ayant participé pendant plusieurs années à la ruée vers l’or. D’autre part, Le roman de Renart, lu par Dominique Pinon (15,90 €, 2h). Ces récits médiévaux composés par plusieurs auteurs entre la fin du XIIe et le début du XIIIe siècle mêlent comique familier et satire féroce dirigée contre le pouvoir et les institutions religieuses. Les animaux y agissent comme des humains et c’est à partir de ce livre que le goupil, race du héros, est devenu un renard (avec un «d»).

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…