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Réédition


51luHiEMrkL._SL160_ En 1943, six ans après la parution de son célèbre roman La Femme de Gilles, Madeleine Bourdouxhe confie aux éditions bruxelloises Libris un manuscrit intitulé A la recherche de Marie. En 1989, le texte épuisé reparaît chez un autre éditeur, à Paris, aux éditions Tierce sous le titre de Wagram 17-42, Marie attend Marie. Aujourd’hui le roman de cette grande dame des lettres belges est réédité par les éditions Actes Sud, sous son titre originel. L’occasion de revenir sur ce livre sensible et poétique.
Mariée à Jean depuis six ans, Marie est à l’image de ce que la société attend d’elle, et elle y trouve son compte : femme au foyer sagement efficace, elle accomplit les menus travaux domestiques sans déplaisir et, en épouse dévouée, prend un soin tout particulier à ce que Jean ne manque de rien. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Si chez Voltaire l’expression est teintée d’ironie, point de causticité chez Bourdouxhe mais la constatation que les hasards de la vie forcent parfois à la lucidité. Marie est-elle heureuse avec Jean ? Cette vie trop tranquille la comble-t-elle vraiment ? La rencontre d’un tout jeune homme qui lui laisse son numéro de téléphone va lentement faire basculer sa vie ordonnée et ordinaire vers les troubles de l’adultère. A l’image de nombreux personnages de Bourdouxhe, Marie est de prime abord accommodante, taiseuse et solitaire. Mais quels tourments intérieurs cache-t-elle ? Résignation ou fuite vers l’émancipation?… Dans l’atmosphère vaguement désuète du roman – et non dénuée de charme – se cache une jeune femme plus moderne qu’il n’y paraît à première vue. Et certes plus contemporaine que la tragique Elisa, l’héroïne de La Femme de Gilles, allégorie de l’abnégation et de la soumission. Sous ses dehors sages, Marie assume ses choix, compose le numéro de téléphone du jeune homme et franchit le pas de le revoir. J’aurais pu attendre le hasard d’une rencontre, mais si je crois au miracle j’aime à être de connivence avec lui. Pourtant Marie aime Jean.
Qui est vraiment Marie ? L’amante ? L’épouse ? A la recherche de Marie explore les entrailles de l’âme humaine. Personnage en quête d’elle-même, Marie est du côté de la vie et veut retrouver, opiniâtrement, les promesses de l’adolescence. Où est passé le bonheur auquel elle croyait ?

A la recherche de Marie, Madeleine Bourdouxhe, Actes Sud, 158 p.

Réagissez

    • Il faut

      Rien ne dit que le sémillant Wade, qui brigue un troisième mandat présidentiel alors que la Constitution du pays ne l’autorise à en accomplir que deux, ne postulera pas, le moment venu, pour un quatrième. Il ne faut pas décourager les vocations, fût-ce à 85 ans (déclarés) comme lui ; d’ailleurs, il y a trop de jeunes au Sénégal…

    • Est-il politiquement correct de se dire que

      des gens à la rue par ce froid n’est pas acceptable. Maggie ne joue pas les enchanteresses. Peter refuse que les bus de l’armée servent aux transports, concurrence avec de Lijn oblige. Et les bien-pensants estiment que « les bobos gauchos » … doivent prendre « en charge, chez eux et à leurs frais, quelques réfugiés économiques ». Triste pays, tristes sires. Personnellement, je préférerais que mes impôts leur servent à quelque chose, plutôt qu’à financer les intérêts notionnels et particuliers de certaines entreprises.

    • Il faut

      Si, comme il l’a confié en Guyane, Nicolas Sarkozy envisage « la fin de sa carrière », et ainsi sa défaite à la Présidentielle de 2012, il sera facile de deviner ce qu’il dirait lors de ses adieux : à savoir que ce n’est pas sa faute si les français sont si allergiques aux réformes – bref, qu’ils ne le méritaient pas ! Et de conclure : « Je vous quitte, car maintenant, il faut que je me fasse de l’argent… »