Rencontre avec violoniste de jazz Alexandre Cavalière
Alexandre Cavalière est connu comme un des meilleurs violonistes belges. Son histoire n’est pas banale car il est entré dans le jazz par la grande porte en parcourant les scènes dès l’âge de douze ans, en interprétant avec brio et une étonnante facilité le jazz manouche. Aujourd’hui, l’homme a grandi, a parcouru le monde et se tourne à présent vers d’autres types de musiques, plus éxpérimentales, plus personnelles et parfois bien éloignées de son répêrtoire traditionnel. Il a accepté de nous rencontrer afin de nous parler de ce virage dans sa -encore jeune- carrière et de ses inombrables projets. Paroles au maître! Alexandre, j’ai realisé une de mes premières interview avec vous. Cela se passait chez vous à la fin des années 1990. Un Alexandre bien jeune, bien ancré dans son cadre familial et musical. Aujourd’hui, j’ai en face de moi un homme de 25 ans, père, musicien connu et reconnu, parfois en quête de lui-même et peut-être de sa musique. Quel a été le chemin entre ces deux Alexandre ? Beaucoup d’expérience, de rencontres, de recherches de moi-même après m’être perdu. Grandir, être plus fort, à la recherche de la simplicité, du bonheur d’être soi-même. A partir de quand, avez-vous décidé de vous éloigner de ce jazz manouche qui a été votre marque de fabrique et à la base de vos premiers succès? Réellement depuis fin janvier 2010! Doué comme vous êtes pour cette musique, vous auriez pu continuer à remplir les salles et à très bien gagner votre vie avec ce répertoire nettement plus populaire et plus accessible que vos expériences musicales actuelles? Ce qui compte est de faire ce que j’aime et d’avoir du plaisir. Quelle musique et quels musiciens ont entraîné chez vous ce déclic? Surtout moi-même car j’avais un réel profond besoin de me découvrir et de créer les choses dont j’avais envie et qui viennent de moi! Qui est Pink Panther et pourquoi ce nom? Schizophrénie? Deux Alexandre Cavalière pour le même prix? Non, mais pour couper avec l’ancienne signification qu’avait mon nom et représenter mon nouveau moi, le nouveau Alexandre Cavalière. L’évolution! Vous avez et participez à quatre projets musicaux. Commençons par le premier Mr Kindhoover. Pouvez-vous en dire plus sur cette musique électronique, sur cet univers inspiré de la bande dessinée et de pub tendance sixties? Qui en est le leader et le compositeur? Le leader et compositeur s’appelle Samuel Tellier alias Mr Kindhoover www.MySpace.com/mrkindhoover Ou www.MySpace.com/alexandrecavaliere Écoutez et vous comprendrez aisément. A qui s’adresse cette musique? A tous ceux qu’ils l’apprécient. Pour le moment, toutes les tranches d’âges l’aiment. Mais personnellement, je dirais quand même à partir de 16 ans. Au risque de paraître puriste et ringard, que reste t’il encore de jazz dans cette musique? Je viens du jazz, l’autre violoniste est en cours de jazz et d’improvisation, nous avons aussi Fabian Fiorini au piano qui vient du jazz et improvise. Des parties improvisées sont comprises dans le set et Samuel improvise aussi. Le jazz et l’improvisation évoluent et cette dernière évolue parfois comme de la musique classique. C’est ce mélange de musique classique, électro, improvisation que l’on retrouve dans ce groupe. Dites-nous en plus? Plaisir, danse, aller plus loin dans les sons et pour moi jouer une musique qui me tient à cœur depuis mes 12 ans: la musique électronique. Bon amusement! Il y a aussi une deuxième pianiste et un violoncelliste. Quels sont vos projets avec ce groupe ? Tournée mondiale, et pour commencer un travail avec Le Manège de Mons qui va nous permettre de construire le spectacle grande échelle et le présenter pour la première fois à son état final à Mons sûrement dans le cadre du citysonic de l’année prochaine Septembre 2011. Deuxième projet musical. Pink Free évolution. Peut-être le projet qui vous tient le plus à coeur? C’est à dire que c’est mon premier groupe personnel. De celui-là à découlé Mr Kindhoover, puis Alexandre Cavalière quintet manouche moderne et puis Dei Ivory. En quoi est il différent de Mr Kindhoover? Ici nous retrouvons une musique ou on lâche tout beaucoup plus minimaliste ou plutôt simpliste dans les bases ou on donne tout ce que l’on a!!! Le Manager qui s’occupe de ce groupe a classé ce groupe Rock Psyché. Quel type de musique et de public? Donc oui Rock psyché Www.MySpace.com/pinkfreeevolution Je dirais un public qui veut tout donner, qui en a marre de se poser 10000 questions, qui dépasse les habitudes qui plonge dans le « rien faire » et donner tout leur être. Qui compose? Moi, mais il y a aussi dans le set un morceau que nous avons composé tous les 3 appelé B.A.D. Quels projets concrets? Une sortie de notre premier disque live à L’ARCOBALENO. Pink Free Evolution Live. En vente dés mi Novembre sur toutes les plates formes internet. Troisième projet. Dei Ivory Hip Hop Funk JAzz Un méga projet grâce à la présence de pointures internationales comme Stéphane Galland à la batterie et Reggie Washington à la bass. Qui est le leader du groupe. Quelle musique? C’est moi. La musique est principalement HipHop Funk Jazz et composée par Bert Cools le guitariste du groupe et moi-même. La musique se dirige pour être diffusée en radio en étant de très bonne qualité, avec un MC. Comment vous êtes vous retrouvé à jouer avec ces deux musiciens connus pour leur charisme et leur groove sur scène? Stéphane Galland, nous nous rencontrions souvent quand j’étais plus petit vers 12, 13 ans Il m’avait donné son numéro en me disant que c’était quand je voulais si je voulais travailler avec lui. C’était l’occasion. Reggie, nous nous sommes rencontrés lors d’un concert au Sablon avec Casimir Liberski. Quels projets concrets avec eux? Un DVD. Un agent qui fait évoluer le groupe pour tourner en Festivals Grand Public avec une musique de pur bonheur. Quatrième et dernier projet: Alexandre Cavalière Quintet manouche Moderne? Oui c’est bien ça, moderne car alliance avec le jazz moderne avec des musiciens comme Manu Bonetti guitare, Jean Louis Rassinfosse contrebasse, Vincent Bruyninckx Piano et Walter Gonella guitare rythmique. Des compositions personnelles, mélange entre mes influences manouches et la musique plus moderne que j’ai apprise par les disques et au conservatoire ou par les musiciens que j’ai côtoyés. Retour aux sources? Je suis retourné au Festival Django Reinhardt de Samois sur Seine en juin de cette année et c’est de là que m’est venue cette idée. Nostalgie? On va dire une évolution de ce style avec touches personnelles. Demande du public? Liaison entre mon passé et mon présent. Des musiciens différents du groupe manouche autrefois dirigé par Mario votre père. Ou en est-il? Mon père joue toujours. Le Jazzy Strings existe toujours mais a aussi évolué avec Alexandre Furnelle à la contrebasse et Xavier à la guitare rythmique. Avec vous ? Nous avons encore joué ensemble hier avec jazzy Strings donc son groupe actuel au troisième festival manouche de Tournai. Et demain? On verra, je ne suis pas contre en tout cas. Enfin, je vois avec plaisir que vous êtes programmateur d’un nouvel endroit de jazz Arcobaleno? Il faut toujours saluer l’arrivée d’une nouvelle salle de jazz et surtout dans la partie francophone car cela manque cruellement. Pouvez-vous le décrire? L’ARCOBALENO est un nouveau club de jazz grand, spacieux, accueillant tout étant moderne et convivial et qui se situe 6 Rue des Clercs à Mons Mon rôle est de construire l’agenda musical du lieu et de donner la possibilité aux gens de trouver ce dont ils ont besoin, de la bonne musique. Ils pourront trouver leur bonheur. Deux soirées minimum par mois dans cet endroit tenu par des gens de cœur qui ne font qu’ ajouter tout ce dont on a besoin pour ne manquer de rien. Et en plus une carte de boissons très originale. Quels sont vos projets pour cet endroit? Nous sommes en train de mettre en place la programmation de Novembre 2010 à Juin 2011. Avec donc 2 soirées par mois. Cette saison qui sera suivie par beaucoup d’autres sera ouverte par une grosse soirée le 13 novembre ou j’inviterai Baba Sissoko . Philip Catherine à confirmé sa présence pour un concert incroyable. La saison qui présente un peu de la couleur de cette soirée d’ouverture passera par la musique Flamenco, Africaine, Jazz Moderne pur(ex:Manu Hermia), rock à Billy manouche, musique brésilienne, toujours avec comme ligne le jazz mais un jazz qui se veut ouvert sur le monde et qui répond ainsi à la demande d’un public, qui ne désire qu’une chose: ne pas s’embêter! Donc soirée à ne pas rater pour commencer le Samedi 13 Novembre à l’ARCOBALENO 6 rue des Clercs 7000 Mons à deux pas de la Grand-Place. Comment faites-vous pour passer aussi facilement d’univers musicaux différents? C’est simplement que j’aime tous ces styles. Je les ai tous beaucoup écoutés et affectionnés particulièrement. Je m’inspire de ceux qui de retrouvent à coté de moi dans chacun de ces groupes. Quelle musique composez-vous dans votre tête? Le silence Qui s’occupe de vous ? Qui est votre agent? Il y a 3 personnes qui s’occupent de ces 4 groupes. Vous retrouverez toutes les coordonnées sur mon site internet. www.alexandrecavaliere.com Est-il difficile d’être belge dans le jazz? Non, peut-être déjà grâce à des génies comme Toots Thielemans ou Philip Catherine. Ou par le fait qu’en général, la Belgique est un pays qui plaît. Avez-vous pensé à vous expatrier? Pas pour l’instant. Comment imaginez vous la suite de votre carrière? Continuer ce que j’ai commencé. En plus de mes 4 groupes, continuer des collaborations, des projets à plus court terme mais tout aussi fort, et beaucoup de composition. Je suis aussi coach de groupes et d’artistes. Et la suite de votre vie personnelle? M’occuper de mon fils Tao, me marier et avoir d’autres enfants. Vivre simplement en cultivant mon potager. A l’instar de beaucoup d’artistes, vous est-il déjà de vivre une période difficile de vaches maigres et de doutes? Une envie de faire autre chose? Pour faire je que je voulais réellement et pour le trouver, j’ai dû arrêter tout ce que je faisais auparavant. Et donc entrer dans cette période qui résulte donc d’un choix personnel. Dernière et rituelle question pour clore cette interview. Si je vous donnais une baguette magique, qu’en feriez-vous à l’heure actuelle. Je ferais danser tout le monde à l’image des danses irlandaises. Propos recueilis par Etienne Payen ( radiojudaica/jazzinbelgium).

