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Reprendre, donner


De lait et de miel, Jean Mattern, Paris : Sabine Wespieser, 2010. 130 p. 17 €

Dans son magnifique roman Les bains de Kiraly, Jean Mattern racontait le désarroi de Gabriel, sa vie plombée par un secret indicible, lequel avait provoqué la rupture avec Laura. Dans son second roman, un vieil homme condamné par la maladie confie un passé, lui aussi enfoui dans les ruines de l’Europe centrale, à son fils Gabriel — qui, comme son homonyme du roman précédent, a perdu sa sœur dans un accident de voiture et passe beaucoup de temps dans la piscine, à faire des longueurs.
C’est peu dire, donc, que Jean Mattern s’affirme dès ce second roman comme un écrivain attaché à une douleur, à un secret. Pour autant, chaque livre est indépendant, ce qui fait la force de l’auteur, et a ses spécificités stylistiques et littéraires. Dans cet opus, on ne peut qu’être touché par l’osmose dramatique entre la maladie qui ronge ce vieil homme et l’éclatement chronologique de son récit. Avec, en toile de fond, la belle et terrible question de l’amitié menacée par la politique.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…