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Retour en arrière


Mauvais genre, Naomi Alderman, Editions de l’Olivier, 380 pages

Malgré l’abondance des sorties littéraires en ce mois de septembre, je m’autorise un petit retour en arrière, en avril 2011, avec la parution de Mauvais genre de Naomi Alderman aux Éditions de l’Olivier. Deuxième roman de l’auteur britannique, Mauvais genre est à la fois une charge contre l’élitisme déshumanisant de l’université d’Oxford et un coup de projecteur sur une génération en crise.

James Stieff et ses amis partagent la maison du charmant et richissime Mark Winters. Ils vont aux cours, ils font la fête et sans en avoir vraiment  conscience, ils se forgent des souvenirs inoubliables – seuls remparts contre l’enlisement qui les guette. Après les années d’étude, la grande maison se vide de ses occupants. À regret, les amis se séparent et se plongent dans la « vraie » vie, sans y avoir été beaucoup préparés. Certains rebondissent, d’autres sombrent. Mark, homosexuel de toujours, épouse la sœur d’un de ses amis, il semble heureux et apaisé. James, lui, s’installe à Londres avec sa petite amie. Mais l’amour a ses raisons que la raison ne connaît pas. Et pour James et Mark, les choses ne sont pas aussi simples…

Au fil du roman, Naomi Alderman parvient à tisser une toile obsédante autour de James, à l’engluer dans une indétricotable manipulation. Elle explore les dégâts qu’occasionne la trop grande possession d’argent : « La fortune a ceci de particulier : en permettant d’en faire davantage, elle empêche de faire quoi que ce soit ». À relever : la plume acerbe de l’auteur, qui fait de ce roman inquiétant une petite bombe.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…