Rêver aux étoiles
Depuis près de 30 ans, je suis abonné à la Monnaie. L’opéra est à mes yeux le spectacle ultime, mariant la scène, la musique et la littérature. Je sais, ce constat n’a rien d’original; mais les banalités sont toujours des miracles quand on les vit.
Et les miracles, j’en ai vécu quelques-uns dans la salle de notre opéra, un des meilleurs au monde paraît-il. Mortier d’abord, Foccroulle ensuite : deux directeurs d’exception qui nous ont offert des chefs-d’œuvre. Leur successeur, Peter de Caluwé, m’a fait peur. Un goût excessif pour les mises en scène faussement modernes, qui usent et abusent de la vidéo autant que des uniformes militaires américains, une programmation dont on ne perçoit pas toujours bien la cohérence et l’intérêt…
Jusqu’à hier soir…
C’était la dernière représentation du “Don Quichotte” de Jules Massenet. J’avoue mon ignorance: je ne l’avais jamais vu ni entendu. C’était aussi la dernière prestation de José Van Dam, que j’avais, lui, vu et entendu très souvent sur cette scène. Nous nous attendions à une soirée émouvante ; nos attentes ont été dépassées. La mise en scène de Laurent Pelly est superbe, la direction musicale de Marc Minkowski aussi. Je ne suis pas critique musical, je ne vais pas me hasarder dans ces sentiers, sinon pour dire que j’ai retrouvé, avec ces adieux de Van Dam, la Monnaie que j’aime. C’est un peu comme si, en partant, le Maestro avait remis les pendules à l’heure, repositionné la barre à sa juste hauteur : celle de la qualité et de l’authenticité.
Mots-clefs :La Monnaie, Van Dam
