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Rêver un impossible rêve


Nos rêves sont plus grands que le ciel, Jean Cavé, Paris : Plon, 2011. 321 p. 20 €

Qui se souvient de Percival Lowell ? Ce chevalier d’une table ronde à la taille de l’univers est une de ces extraordinaires figures américaines qui, grâce à leur énorme fortune, ont pu pousser jusqu’aux limites les plus extrêmes leur rêve le plus fou. En l’occurrence, Lowell était convaincu que Mars était habitée et couverte de canaux. De son laboratoire, il a passé sa vie à scruter la planète rouge, jusqu’à sombrer dans une folie… géniale.
Dans ce roman éblouissant, Jean Cavé donne le meilleur de lui-même et fait corps avec ce mathématicien suprêmement intelligent, mais égaré dans une illusion fabuleuse — ce qui conduira la communauté scientifique à rejeter son article démontrant, mathématiquement, l’existence de Pluton. Tout, dans ce mensonge, est vrai, ou du moins vraisemblable ; Cavé déploie un talent similaire à celui de Lowell et nous fait adhérer à tous les éléments de ce roman qui, au-delà de la stricte biographie, pénètre dans les rêves et les délires d’un homme et nous offre à voir l’invisible.
Si vous ne lisez qu’un livre cette année, que ce soit celui-là !

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…