Facebook

Silence de la parole et parole du silence


1 La Parole a pour plus haute vocation le Juste, au double sens de justice et de justesse. Ainsi la Parole ajuste-t-elle au bon le beau.
2 Face à l’essence du pouvoir impérial (qu’il soit césariste, napoléonien, fasciste, stalinien ou financier), la Parole dit : ce pouvoir, tu l’as et tu ne l’as pas.
3 Nulle autre vérité n’a jamais percé les brouillards que ce :  » Tu peux et tu ne peux pas « .
4 La sève de la Parole fut portée d’abord, aux racines d’une civilisation, par des prophètes juifs, des philosophes grecs et des poètes éparpillés entre Athènes et Jérusalem.
5 Ceci – ne l’oublions jamais – nourri de sagesses asiatiques et de fables africaines.
6 Ensuite, pourquoi nier que la Parole surgit de Médine à La Mecque ?
7 Tout au long de l’ère moderne, la Parole des intellectuels, des artistes et des écrivains dit au pouvoir impérial :  » Tu peux et tu ne peux pas « , même si d’abord elle n’a que l’écho du silence.
8 Jusqu’à des temps récents (caractérisés par une dictature mondialisée de la valeur d’échange), le Juste (justice et justesse) put encore ajuster au bon le beau de la Parole, même si celle-ci ne pesait que le poids du silence.
9 Depuis lors, un nouveau pouvoir impérial soumet à sa domination totalitaire les sphères du droit, de l’art et de la morale ; jusqu’à prétendre inféoder toute esthétique, toute éthique, toute politique.
10 Aujourd’hui s’opposent donc deux camps. Face à une chaocratie planétaire (avec ses tours de guet satellitaires et ses charniers humilitaires), dont silence de plomb valent déjà les bombardements de paroles (sons et lumières médiatiques, bavardages magazinesques, flots de mensonges idéologiques n’imposant plus guère que banalités, médiocrités, vulgarités), qui ne perçoit l’incantation contenue dans la Parole du silence ?

Une réaction sur “Silence de la parole et parole du silence”

  1. [...] Silence de la parole et parole du silence Il faut protéger ses oreilles en concert ! Email this to a friend?Share this on FacebookTweet This!Subscribe to the comments for this post? Posté il y a 11 mois # [...]

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…