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Solidaire pépère est remonté sur son vélo.


Si vous vous souvenez, Mononc’Gaby, frôlé par une voiture, était tombé de son vélo, dans la rue principale de Rixensart. Pour ceux, comme Jean,  qui s’inquiétaient, qu’ils se rassurent, il va bien. Mais la question subsiste : les cyclistes et les piétons ont-ils encore une place dans les rues de nos villages ?

Ce problème se révèle particulièrement aigu en Brabant wallon. La circulation y est dense. Les rues de village deviennent des alternatives aux grands-routes et aux autoroutes. Les riverains se plaignent des navetteurs, étrangers à leur quartier, responsables de tous les maux. Mais ils éludent leurs propres comportements, fuient leurs responsabilités, oublieux de la manière dont ils se parquent sur les trottoirs dans les rues les plus fréquentées ou de leur capacité à ne pas respecter la vitesse maximale.

J’ai relevé dernièrement, dans les constatations et les propositions d’une Commission Locale du Développement Rural, le besoin de sécurité dans la mobilité et de convivialité dans les villages. C’est un sujet que j’abordais, il y a quelques mois, dans Bobonne, t’attends la pension pour dégager du trottoir ?

Sécurité dans la mobilité et convivialité sont souvent traitées séparément, sans que les liens qui les unissent ne soient formellement mis en évidence. Ainsi en matière de sécurité, il est certainement nécessaire de créer des sites propres pour les cyclistes et les piétons. Mais est-ce pour autant la seule solution ? Les risques pour les usagers faibles sont parfois tels (voie régionale à fort trafic, portion en manque de visibilité, etc…) que dans de nombreux cas, cela s’impose en effet. Cependant, ces sites propres demandent des financements importants. D’autres pistes existent, comme la réhabilitation des chemins, souvent malmenés et méconnus, pour permettre le passage des cycles dans un usage quotidien. Un autre moyen est le marquage au sol de zones réservées aux vélos et la création de passages pour piétons, de telle sorte à rendre à chacun sa place dans une rue qui ne devrait pas être exclusivement réservée aux voitures. Les recours aux  zones trente comme dans le pentagone bruxellois ou aux  zones résidentielles, limitée à 20 km/h devraient être plus généralisées. Il est possible de mettre en zone trente des quartiers entiers, pas seulement aux abords des écoles.  Les bénéfices sont indéniables, en termes de sécurité, mais aussi en termes de convivialité, diminution du bruit, de l’ordre de 6 dB entre 50 et 30 km/h, du sentiment d’insécurité.

Mais il faut un courage politique pour mettre en place ces solutions tant les réticences sont grandes à ce genre de changement. Ici ou là, des groupes s’opposent à la création d’une piste cyclable ou à la réhabilitation de chemins. On ne compte pas les riverains qui essayent de se réapproprier ce patrimoine commun. Le respect des limitations est un exercice difficile, même pour les mères de famille.

Plus fondamentalement, peu de gens sont conscients de l’impact de leur conduite sur la vie d’autrui.

C’est donc peut-être plus un travail de sensibilisation que d’adaptation de l’infrastructure.

A suivre

Denis Marion
Entrepreneur sans but lucratif.

Allez revoir ces deux chroniques
Tu ne tueras point a dit le seigneur
Bobonne, t’attends la pension pour dégager du trottoir ?

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4 réactions sur “Solidaire pépère est remonté sur son vélo.”

  1. Vincent Engel dit :

    Tu as tout à fait raison, Denis. Et même si ce combat s’apparente à celui de Don Quichotte, il faut le mener…

  2. Denis Marion dit :

    Plutôt un Sancho pansu, mais l’idée reste la même.
    Merci pour les encouragements.

  3. mattagne dit :

    bonjour,
    j’habite Genval et , écolo pratiquante, je me déplace le maximum à vélo… je suis sûre que mon espérance de vie chute chaque fois que je pose le pied sur la pédale.. j’envisage le port d’un marteau de zingueur obstensiblement accroché au sac à dos (la loi du plus fort : les automobilistes auront peur de griffer leur belle voiture, symbole de tant de choses) …
    j’encourage donc ardemment toute initiative de protection des vélos et autres usagers non carapaçonnés. Hauts les coeurs et merci!
    cordialement
    Patricia

  4. Denis Marion dit :

    Il faut augmenter le nombre de pratiquants…
    Au plus de cyclistes, au moins d’accidents…

    Voir l’explication ci-dessous.

    un facteur de protection la “sécurité dans le nombre” plus le nb de marcheurs ou de cyclistes augmente, plus la marche et le vélo deviennent sûrs (Jacobsen 2003; Elvik 2009).

    modélisation des accidents, I, suit une loi exponentielle
    I = a Xb où X = nb de marcheurs ou de cyclistes,
    et b est constamment inférieur à 1 (entre 0.1 et 0.7)
    ? le risque de blessure diminue à chaque nouveau marcheur
    et chaque nouveau km parcouru activement
    avec b=0.4, le doublement du nb de marcheurs (+100%) se traduit par une augmentation de 32% seulement du nb de blessures (au lieu de 100%) soit une réduction de 68% du risque relatif individuel (Jacobsen 2003).

    “effet de seuil” (Elvik 2009) : un transfert minimal des transports motorisés vers les transports actifs peut réduire le nb total d’accidents
    Berlin, Amsterdam, Odense et Copenhage ont augmenté considérablement l’usage du vélo et ont vu diminuer le nb d’accidents graves (Pucher 2010)

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…