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Solos et duos de Pierre Van Dormael: une audition impromptue au Rideau Rouge de Lasne


Pierre Van Dormael, Solos, duos (avec Hervé Samb), Mogno Music, 2008, avec une préface de Philip Catherine.

Rien de tel qu’une musique dont l’écoute n’était pas préméditée, une musique qui traverse le brouhaha des voix pour s’imposer à nous, et s’immiscer dans nos conversations jusqu’à les interrompre, à en faire dévier le cours, et à en devenir pendant quelques instants le sujet quand l’un d’entre nous pose la question: tiens, c’est qui ce musicien qu’on entend là…? C’est ce qui est arrivé, en juin dernier, au Rideau Rouge, ce bel endroit discret, un peu secret, situé à Lasne, après un concert en solo d’Yvan Paduart. Le concert s’étant déroulé devant un parterre d’une dizaine de personnes, j’avais le doux sentiment de faire partie d’une poignée de privilégiés. Le lieu est public, pourtant, ouvert à tous, – mais tous n’étaient pas là – : un endroit qui se mérite en somme, hors des sentiers, loin du tapage. L’occasion d’écouter autrement les musiciens que nous aimons: ce genre de prestation est au concert en salle ce qu’une conversation au coin du feu est au discours ou à la conférence dans un auditoire. Inutile de dire qu’écouter Yvan Paduart dans de telles conditions fut un pur bonheur.

Après le concert, quelqu’un, derrière le comptoir, eut la bonne idée de passer le cd Solos, duos de Pierre Van Dormael (avec Hervé Samb). Le musicien dont on se demandait qui il était pendant notre conversation, c’était lui. Je dois avouer que je ne connaissais pas bien ce guitariste et que je n’avais pas prêté attention à son originalité avant d’avoir entendu la musique qu’il avait composé pour le chef-d’œuvre de son frère Jaco, Mr Nobody. Elle possède un timbre reconnaissable entre tous, une texture propre. Pierre Van Dormael a une voix, une petite voix bien à lui, à la fois suave et incisive, c’est elle qui s’est invitée à notre table l’autre soir, au Rideau Rouge, visite d’autant plus émouvante qu’il nous a quittés en 2008, nous laissant tout de même une part précieuse de lui-même: sa voix à la guitare, et une belle discographie qui témoigne d’un parcours important dans l’histoire du jazz belge: il fut en effet le co-fondateur du trio « L’âme des poètes » avec le saxophoniste Pierre Vaiana et le contrebassiste Jean-Louis Rasinfosse, et du groupe avant-gardiste Nasa Na Band, avec Fabrizio Cassol, qui deviendra plus tard Aka Moon, un trio que Pierre rejoindra en invité sur plusieurs albums (Ganesh et Guitars).

Sur cet album-ci, plus intimiste, Pierre Van Dormael nous propose des compositions originales et des reprises. Il assemble une architecture de cristal, à la fois frêle et solide, lisse et anguleuse, aux reflets multiples qui vont de la beauté triste et pure – oh pas la tristesse triste, mais cette tristeza joyeusement désespérée de certaines musiques du sud – de Undercover (ah, ces notes d’introduction redoutables et efficaces qui ne sont pas sans rappeler le thème de Mr Nobody!) à la légèreté facétieuse et subtile de Small World et la densité harmonique et rythmique de Games, de Steve Coleman, en passant par la relecture de deux « standards » de Bob Dylan, Back Pages et Blowin’ in the wind, deux reprises aussi du duo mythique Rodgers&Hart, My romance et It never entered my mind, et un très beau Jaguar, dont on suit, sur une plage de 5’42  », la démarche rendue féline par la ligne de basse déroulée à la guitare par Hervé Samb. Hervé Samb, fin guitariste, subtil complice tout au long des six duos de l’album, a été l’élève de Pierre Van Dormael au conservatoire de Dakar.

Une chose est sûre: si la première écoute fut impromptue, toutes les autres, passées et à venir, furent et seront largement préméditées. Faites l’expérience: passez le disque dans une soirée, et il se trouvera sans doute quelqu’un pour interrompre la conversation en demandant: c’est qui ce musicien qu’on entend là..?

Note: A propos du film Mr Nobody, qui vient de sortir en dvd, voir mon article intitulé « Les grandes œuvres avancent lentement » sur le site de Didier Bonnel consacré aux films de Jaco Van Dormael. Pour y accéder, voir mon blog.

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    • Il faut

      Rien ne dit que le sémillant Wade, qui brigue un troisième mandat présidentiel alors que la Constitution du pays ne l’autorise à en accomplir que deux, ne postulera pas, le moment venu, pour un quatrième. Il ne faut pas décourager les vocations, fût-ce à 85 ans (déclarés) comme lui ; d’ailleurs, il y a trop de jeunes au Sénégal…

    • Est-il politiquement correct de se dire que

      des gens à la rue par ce froid n’est pas acceptable. Maggie ne joue pas les enchanteresses. Peter refuse que les bus de l’armée servent aux transports, concurrence avec de Lijn oblige. Et les bien-pensants estiment que « les bobos gauchos » … doivent prendre « en charge, chez eux et à leurs frais, quelques réfugiés économiques ». Triste pays, tristes sires. Personnellement, je préférerais que mes impôts leur servent à quelque chose, plutôt qu’à financer les intérêts notionnels et particuliers de certaines entreprises.

    • Il faut

      Si, comme il l’a confié en Guyane, Nicolas Sarkozy envisage « la fin de sa carrière », et ainsi sa défaite à la Présidentielle de 2012, il sera facile de deviner ce qu’il dirait lors de ses adieux : à savoir que ce n’est pas sa faute si les français sont si allergiques aux réformes – bref, qu’ils ne le méritaient pas ! Et de conclure : « Je vous quitte, car maintenant, il faut que je me fasse de l’argent… »