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Somptueux


Le Voyage dans le passé, Stefan Zweig, Paris : Audiolib, 2011. 1:50 p. 13 €

Je ne me lasse pas de lire ou d’écouter les textes de Stefan Zweig, en particulier ses nouvelles. Récemment, je vous parlais de la splendide réalisation des éditions Thélème, «Le joueur d’échecs», lu par Jacques Weber. Aujourd’hui, c’est AudioLib qui propose une excellente lecture de cette longue nouvelle, traduite pour la première fois en français : «Le voyage dans le passé», par Thibault de Montalembert.
Apparemment une histoire d’amour (presque) impossible : Louis, complexé par ses origines modestes et les difficultés de la vie, devient l’homme de confiance d’un industriel. Mais surtout, il tombe amoureux de sa jeune épouse — sentiment dont il ne prendra conscience qu’au moment de devoir la quitter pour la première fois, nommé pour un développement majeur de la société au Mexique.
Les jeunes gens s’avouent leurs sentiments à la veille du départ, qui ne peut être différé. Ils se séparent, convaincus de se retrouver 2 ans plus tard. Deux ans durant lesquels ils s’écrivent sans relâche. Enfin, ils vont être heureux… sauf que la première guerre mondiale éclate…

Ils finiront par se revoir, neuf ans plus tard. Mais peut-on ressusciter le passé ? Derrière cette question psychologique et sentimentale, Zweig dépeint l’Allemagne de l’entre-deux-guerres, la montée du nazisme qui vient écraser les rêves. La dérive des sentiments, le combat implacable que la réalité mène contre nos songes…

Un texte admirable, que la lecture à haute voix révèle dans toutes ses subtilités.

Pour écouter un extrait, cliquez ici.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…