Facebook

Sous l’emprise de Karen Blixen


Karen et moi, Nathalie Skowronek, Arléa, 146 pages, 15 €

Voici avec retard – le livre est paru en septembre – un rapide écho sur un bref et dense texte particulièrement touchant et juste dans son écriture. Il n’est pas nécessaire d’avoir lu La Ferme africaine, l’oeuvre la plus connue de Karen Blixen (devenue Out of Africa au cinéma), pour se laisser emporter par Karen et moi, le premier roman de Nathalie Skowronek. L’auteure belge d’origine polonaise s’y livre à d’incessants allers-retours entre la vie de la romancière danoise, qui s’installe au Kenya avec son mari, et celle de sa narratrice, l’une et l’autre en décalage permanent face au regard porté par leurs entourages.

Abandonnée par son mari, amoureuse d’un autre homme, Karen Blixen s’arrime désespérément à un pays qu’elle ne peut plus quitter, à un monde qui est devenu le sien. Mais qu’elle laissera pourtant, suite à l’incendie de sa brûlerie de café, s’isolant au nord du Danemark pour écrire son roman. Ce que Karen a osé faire, partir, l’autre héroïne du livre, sa narratrice, en a été empêchée. Par sa famille mais aussi par elle-même. Par son mariage, son travail, elle a mis en sommeil son moi profond, faisant comme si, donnant le change. Et c’est son travail sur celle qu’elle appelle son «double» qui va, peut-être, lui permettre d’enfin devenir ce qu’elle est vraiment. L’écriture tout en finesse, d’une saisissante pureté, rend admirablement compte des émois qui traversent ces deux femmes.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…