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Souvenirs doux amers


La mer noire, Kéthévane Davrichewy, Paris : Sabine Wespieser, 2010. 214 p. 20 €

Dans son appartement parisien, une vieille femme attend toute sa famille, trois générations, pour son anniversaire. Les souvenirs aussi sont invités, et même s’ils ne le sont pas, ils sont du genre à s’imposer. Souvenirs de la Géorgie d’avant l’arrivée soviétique, souvenirs d’exil. Souvenirs d’un amour de jeunesse, une étoile filante qui, à plusieurs reprises, a retraversé le ciel de sa vie. Et qu’elle attend ce soir, pour une dernière apparition, sans savoir si elle le souhaite ou le redoute.
La mer noire est aussi l’évocation d’un pays, la Géorgie, d’une culture que nous connaissons si mal, confondue avec son voisin ennemi russe auquel elle a pourtant donné le pire de ses chefs : Staline.
Comme toujours, dans les choix éditoriaux de Sabine Wespieser, voici un roman à l’écriture magnifique, ciselée, fidèle à son propos, sans pathos excessif. Juste. Un roman sur la mémoire, cette petite fable fragile que nous bricolons tant bien que mal pour nous convaincre que nous avons vécu, et qu’il nous aura été offert d’être heureux, ou de surmonter les épreuves.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…