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The show must go on


Deux beaux films à voir en salles, dont les héros sont joufflus, rieurs, pleureurs, cascadeurs: Tournée de Mathieu Amalric et Bébés de Thomas Balmès. Le premier confirme que Mathieu Amalric, en plus d’être un grand acteur, a un immense talent de metteur en scène. Le deuxième vous garantit une crise de gagatisme.

Avec Tournée, son quatrième film en tant que réalisateur, Mathieu Amalric a remporté le prix de la mise en scène. Une consécration de plus pour cet acteur talentueux dont la carrière l’a emmené du cinéma d’auteur parisien (principalement avec son ami Arnaud Desplechin) aux productions hollywoodiennes dernier cri (Munich de Spielberg, le dernier James Bond). Reconnaissance critique et publique, omniprésence sur nos écrans, deux César à l’étagère (pour Rois et Reine et Le Scaphandre et le Papillon), Mathieu Amalric est un des tout grands acteurs français d’aujourd’hui.

Mais Tournée n’est pas une success story. Amalric y incarne Joachim, un producteur de télévision trainant sur la route un spectacle de « New Burlesque », dont les stars sont une bande de strip-teaseuses aux formes voluptueuses. Un strass et paillettes emplumé, décomplexé, généreux. Le show est apprécié, mais les villes du parcours (Le Havre, La Rochelle, Toulon…) s’éloignent de plus en plus de Paris, le but ultime rêvé par ces artistes venues d’Amérique. Pour Mimi le Meaux, Dirty Martini ou Kitten on the Keys, c’est parfois le blues qui s’installe sur la route. D’autant plus que Joachim peine galère toujours à trouver des salles. Durant la partie centrale du film, il délaisse ses filles pour essayer de renouer contact avec des ennemis de son passé (sentimental ou professionnel) ou de son présent (ses deux jeunes fils). Il s’en sort beaucoup mieux avec sa nouvelle famille reconstituée, malgré les obstacles, les tensions, les larmes.

Esthétiquement, Tournée est une grande réussite. C’est filmé avec grâce et éclairé magnifiquement par Christophe Beaucarne, un des directeurs photo les plus talentueux du moment. Ce qui a dû faire la différence pour le prix de la mise en scène à Cannes, c’est sans doute la façon qu’Amalric a de capter, avec grâce et tendresse, tous ces petits instants d’humanité. Si le show tout en couleurs est bigger than life, les coulisses restent ancrées dans la réalité avec ses peines, ses désillusions. Avec du mascara, les larmes sont plus visibles. L’humanité des personnages (et la gouaille des acteurs épatants) rendent cette Tournée terriblement attachante. Les divers décrochages narratifs sont inégaux et ne nous épargnent pas quelques légères longueurs, mais je me suis laissé facilement embarqué par la douce, très douce folie qui baigne tout au long du film. Un film lumineux, sincère, précieux.

Quatre pays… quatre bébés… du premier cri aux premiers pas. Ils s’appellent Ponijao, Bayarjargal, Mari et Hattie et vivent en Namibie, en Mongolie, au Japon et aux États-Unis. Bébé(s) nous plonge simultanément au cœur de cultures très différentes et saisit les moments les plus émouvants, drôles et insouciants, uniques et universels, des premiers mois de la vie. (allocine.fr)
Le Premier cri (Gilles le Maistre, 2007) proposait déjà exactement la même idée mais autour de l’accouchement. Cette fausse suite est bien plus propice au gagatisement…
L’autre idée de Bébés est de se priver de tout commentaire off. Seul le montage d’images compte. L’appréhension de se retrouver devant « ANNE GEDDES – THE MOVIE » est vite estompée car le film est intéressant: il nous montre à la fois les différences entre les quatre civilisations/cultures et les étonnantes similitudes qu’ont tous ces bébés qui sont nés quelque part… Joliment filmé, monté et mis en musique (Bruno Coulais), Bébés est un condensé (on imagine bien les heures de rushes derrière tout ça) de scènes craquantes à souhait, tendres et souvent très drôles. Un très joli petit film qui se regarde à deux, le sourire aux lèvres. Sortie le 21 juillet.

2 réactions sur “The show must go on”

  1. Helene NAUDET dit :

    Hi ! Epatée, en fait pulvérisée, j’adhère complétement à ton commentaire sur Tournée. J’y ajoute que la bande musicale est géniale..L et j’y ajoute aussi que j’ai rédigé une critique à mon tour http://moscou67.wordpress.com/2010/07/15/tournee-de-mathieu-amalric/
    et puis que ton blog me semble plus que fréquentable. Je m’abonne…Champagne !
    A bientôt, H.

  2. Arnaud dit :

    Merci Hélène. Il est vrai quela bande son vaut également le détour. Ouvrir son film sur le « Have Love Will Travel » des Sonics, on peut dire que ça a de la gueule.
    A bientôt,

    A.

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      1. « Toy Story 3″. Parce que rares sont les trilogies qui connaissent une aussi belle conclusion. Parce que c’est à ce jour le meilleur film de l’année.
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