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Tout Tillieux dessinateur


Héroïc, Maurice Tillieux, Daniel Maghen, Paris, 335 pages, 59 €

Il y a presque deux ans, je vous ai parlé dans ce blog de Maurice Tillieux lors de la parution chez Dupuis du premier tome de l’intégrale Gil Jourdan (qui en compte quatre impeccables). Cet autre «grand» de la BD dite franco-belge (même si elle fut longtemps largement plus belge que française), aux côtés de Hergé, Franquin ou Jijé, pour ce qui est du dessin (et de la manière de raconter des histoires en images), et de Goscinny, Greg et Charlier pour ce qui est du scénario, est mort en 1978 dans un accident de voiture. Il avait 57 ans et encore pleine de projets. Pour rappeler l’originalité de son talent (et de son humour), le galeriste parisien Daniel Maghen, spécialisé dans le 9ème art, lui consacre cette biographie en images. C’est vraiment le plus bel hommage que l’on pouvait rendre à celui à qui, à l’instar des maîtres, faisait de la bande dessinée «tous publics», destinée à la fois aux enfants et aux adultes.
Ce très gros album concocté par Vincent Odin suit la vie et la carrière de l’artiste né à Huy en 1921. Dans la première partie, Maurice Tillieux raconte son enfance et la découverte du cinéma, la guerre pendant laquelle il écrit son premier roman policier, Le Navire qui tue ses capitaines, et commence à dessiner en s’inspirant à la fois des séries américaines et d’Hergé. S’il suit la naissance de Spirou, en 1938, son directeur, Charles Dupuis, ne cesse de refuser ses dessins – raison pour laquelle, quelques années plus tard, il refusera un temps d’intégrer l’hebdomadaire, préférant collaborer à Héroïc-Albums. Toutes ces pages sont illustrées par des dessins de jeunesse qui montrent la propension humoristique de leur auteur.
La suite, dont le fil rouge reste le récit à la première personne, est marquée par deux héros publiés dans Héroïc-Albums, Bob Bang et Félix (avec une histoire complète, Au pays du matin calme), puis par Gil Jourdan, son chef d’œuvre accompagné de nombreuses planches, couvertures, cases agrandies et croquis divers, et par les délirants César et Ernestine, peut-être oubliés aujourd’hui. On trouve plein d’autres choses encore, des héros éphémères (Marc Jaguar, Bob Slide), des récits et contes divers, dont La Roue, mini-récit paru dans Spirou en 1961, et toutes sortes de dessins, notamment publicitaires. Le Tillieux scénariste, pour Tif et Tondu, Marc Lebut, La Ribambelle ou Jess Long, n’est pas abordé ici, ce qui est normal puisque cet album est exclusivement basé sur ses dessins.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…