Facebook

Un drôle d’écrivain


Mariage, Jacques A. Bertrand, Julliard, Paris, 151 pages, 15 €

Je vous ai dit, en janvier dernier, tout le bien que je pensais du livre de Jacques A. Bertrand (A. pour André, en réalité la seconde partie de son prénom, adopté du temps où il était journaliste pour ne pas être confondu avec un autre Bertrand), Les autres c’est rien que des sales types. Depuis, j’ai lu plusieurs de ses livres (on ne les trouve pas facilement) et notamment J’aime pas les autres et celui qui vent de sortir, Mariages.

Dans le premier, apparemment largement autobiographique, et tout à fait, savoureux, on apprend par exemple que cet Ardéchois (cœur fidèle?) qui, enfant, voulait faire rire pour être aimé en rêvant de devenir «clown-poète» (peut-être l’est-il devenu), a été marié à une riche Flamande (qu’il avait mise enceinte) et a fréquenté Beauvoir (pas la vraie, une autre qu’il avait baptisée de ce sobriquet) – enfin, je dis «lui», mais peut-être est-ce en partie inventé. Il avoue aussi un goût affirmé pour la contradiction, qu’on lui accorde volontiers.
Mariages, son dernier-né, est une suite de brefs textes racontant des histoires d’amour, ici ou ailleurs, heureuses ou non, vraies ou pas. Qu’importe après tout: c’est moins ce qui est raconté qui compte, même si certaines situations sont cocasses, que le ton de l’auteur, une sorte de tendresse ironique, un regard moins mordant que dans son livre précédent mais étonné de voir tout ce dont sont capables (coupables?) ses congénères. A noter que cet écrivain discret – mais ni bougon ni misanthrope, malgré ce que pourrait laisser croire le titre de certains de ses ouvrages –, qui a entamé sa carrière littéraire en 1983 avec un drôle de livre, Tristesse de la balance et autres signes, sans cesse réédité depuis, a été récompensé par une flopée de prix «secondaires»: le Flore, le Grand Chosier (?), le Georges Brassens (pour J’aime ,pas les autres, précisément, on comprend pourquoi), le 30 millions d’amis (pour… Les Sales bêtes) et le Grand Prix de l’humour noir pour Les autres c’est rien que des sales types. Un drôle de type, vraiment.

Mots-clefs :,

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…