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Un grand roman italien


9782070124114
Mort depuis dix ans, le cinéaste, metteur en scène et critique de cinéma Mario Soldati est considéré comme l’un des plus grands romanciers italiens contemporains. Les éditions Le Promeneur s’emploient depuis quelques années à rééditer ses romans en français, dont récemment L’incendie paru originellement à Milan en 1981. S’il est question dans ce livre de création artistique, il est aussi question d’amitié, de consécration et d’une bizarrerie. Ou comment un amateur d’art, Vitaliano Zorzi, se prend d’une véritable passion pour un petit tableau nommé L’Incendie d’un peintre encore inconnu. Il l’achète et rencontre l’artiste, un certain Mucci. Très vite des liens d’amitié se nouent entre les deux hommes, et devant l’imminence d’un départ pour l’Afrique, le peintre lui vend la totalité de ses tableaux. Deux ans plus tard, Mucci décède dans un accident de voiture au Congo, et sa cote s’envole. Si la mort de son ami affecte profondément Zorzi, elle lui permet de faire une affaire juteuse. Seulement voilà, un des tableaux du maître pose problème : Mucci y a peint un barrage qui n’existait pas encore avant son départ pour l’Afrique…
Si Soldati possède un réel sens de l’intrigue, il est aussi doué d’une grande sensibilité esthétique et d’une étonnante faculté à analyser l’âme humaine. Très beau roman, raffiné et touchant.

L’Incendie, Mario Soldati, traduit de l’italien par Nathalie Bauer, Le Promeneur, 247p.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…