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Un roman français très américain


Il y a de l’Amérique dans le dernier roman de Gilles Leroy, et pas que pour le lieu où se déroule l’histoire (la Louisiane), l’écriture et la structure du texte sont aussi très « made in USA ». Et c’est tant mieux.  

Dur dur après un prix Goncourt (Alabama Song) de se remettre à la tâche. Sauf peut-être pour Gilles Leroy. Il enfile ses bottes de 7 lieues pour nous conter le cataclysme de l’ouragan Katrina, les pensées d’une femme noire ankylosée par son passé et l’indigence de certains quartiers de la Nouvelle-Orléans.

 Comme dans de terribles bayous hantés par les alligators, le lecteur surnage dans un univers chaotique (l’eau monte dans les chaumières et Zola Jackson décide de rester chez elle avec sa chienne Lady). C’est une femme de poigne qui a combattu toute sa vie pour être digne en toute circonstance. On est face à son naufrage physique (elle s’est réfugiée dans son grenier car l’eau a atteint le premier étage, la chaleur est étouffante et les secours trop peu nombreux à arriver) mais aussi à son naufrage moral : elle ressasse sa vie et elle fait le point, sans indulgence, sur ses erreurs.

Si la conclusion est un peu « happy-end », elle est en revanche revigorante : on s’est tellement attaché à Zola et à sa chienne que c’est un plaisir de constater que sa vie sera peut-être moins solitaire après la catastrophe naturelle. Elle a souffert, elle a maintenant le droit à un peu de sérénité…

Au revoir Zola, tu m’as habitée pendant la lecture de ces 139 pages, et bien au-delà !…

 Zola Jackson, Gilles Leroy, Mercure de France, 139p.

Réagissez

    • Olé…
      juil 29 2010

      Le parlement catalan interdit la corrida. Les gens du voyage sont interdit de séjour dans la cité humaniste de Dour. Le PDG de BP semble ne pas s’en sortir si mal, mieux que Schouppe. Les chroniques de Paul Hermant seront bientôt un souvenir. Tout cela ne fait pas un billet totalement joyeux.

    • Il faut
      juil 27 2010

      trancher. Monsanto a fait don de 475 tonnes de semences hybrides à Haïti. Les paysans locaux l’accusent de profiter du délabrement du pays suite au tremblement de terre de janvier. Bizarrement, ces semences ne seraient utilisables qu’un an – largement assez pour contaminer les autres cultures. En plus, le siège de Monsanto est sur le site de Creve Cœur, dans le Missouri.

    • Mon oncle, un fameux bricoleur, faisait en amateur des bombes atomiques
      juil 22 2010

      L’AIEA confirme la sécurité de l’approvisionnement en uranium à long terme. Les Nigériens sont heureux d’apprendre qu’Areva leur fera encore longtemps l’honneur de sa présence. Les générations futures sont, elles aussi, très heureuses de ces nouveaux cadeaux. L’association des amateurs de bombes sales l’est tout autant.
      http://www.nea.fr/press/2010/2010-03-FR.html