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Un roman français très américain


Il y a de l’Amérique dans le dernier roman de Gilles Leroy, et pas que pour le lieu où se déroule l’histoire (la Louisiane), l’écriture et la structure du texte sont aussi très « made in USA ». Et c’est tant mieux.  

Dur dur après un prix Goncourt (Alabama Song) de se remettre à la tâche. Sauf peut-être pour Gilles Leroy. Il enfile ses bottes de 7 lieues pour nous conter le cataclysme de l’ouragan Katrina, les pensées d’une femme noire ankylosée par son passé et l’indigence de certains quartiers de la Nouvelle-Orléans.

 Comme dans de terribles bayous hantés par les alligators, le lecteur surnage dans un univers chaotique (l’eau monte dans les chaumières et Zola Jackson décide de rester chez elle avec sa chienne Lady). C’est une femme de poigne qui a combattu toute sa vie pour être digne en toute circonstance. On est face à son naufrage physique (elle s’est réfugiée dans son grenier car l’eau a atteint le premier étage, la chaleur est étouffante et les secours trop peu nombreux à arriver) mais aussi à son naufrage moral : elle ressasse sa vie et elle fait le point, sans indulgence, sur ses erreurs.

Si la conclusion est un peu « happy-end », elle est en revanche revigorante : on s’est tellement attaché à Zola et à sa chienne que c’est un plaisir de constater que sa vie sera peut-être moins solitaire après la catastrophe naturelle. Elle a souffert, elle a maintenant le droit à un peu de sérénité…

Au revoir Zola, tu m’as habitée pendant la lecture de ces 139 pages, et bien au-delà !…

 Zola Jackson, Gilles Leroy, Mercure de France, 139p.

Réagissez

    • Il faut

      Si Marine Le Pen ne réunit pas les 500 signatures nécessaires à sa candidature à la Présidentielle, tant mieux ! En 2002, Chirac avait donné des instructions pour que le père les obtienne et puisse concourir : on a vu les conséquences le 21 avril. Il faut récuser l’argument selon lequel « je suis contre vos idées, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez les défendre » : car eux, ne demandent qu’à se débarrasser de nous…

    • Il faut

      Rien ne dit que le sémillant Wade, qui brigue un troisième mandat présidentiel alors que la Constitution du pays ne l’autorise à en accomplir que deux, ne postulera pas, le moment venu, pour un quatrième. Il ne faut pas décourager les vocations, fût-ce à 85 ans (déclarés) comme lui ; d’ailleurs, il y a trop de jeunes au Sénégal…

    • Est-il politiquement correct de se dire que

      des gens à la rue par ce froid n’est pas acceptable. Maggie ne joue pas les enchanteresses. Peter refuse que les bus de l’armée servent aux transports, concurrence avec de Lijn oblige. Et les bien-pensants estiment que « les bobos gauchos » … doivent prendre « en charge, chez eux et à leurs frais, quelques réfugiés économiques ». Triste pays, tristes sires. Personnellement, je préférerais que mes impôts leur servent à quelque chose, plutôt qu’à financer les intérêts notionnels et particuliers de certaines entreprises.