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Un roman français très américain


Il y a de l’Amérique dans le dernier roman de Gilles Leroy, et pas que pour le lieu où se déroule l’histoire (la Louisiane), l’écriture et la structure du texte sont aussi très « made in USA ». Et c’est tant mieux.  

Dur dur après un prix Goncourt (Alabama Song) de se remettre à la tâche. Sauf peut-être pour Gilles Leroy. Il enfile ses bottes de 7 lieues pour nous conter le cataclysme de l’ouragan Katrina, les pensées d’une femme noire ankylosée par son passé et l’indigence de certains quartiers de la Nouvelle-Orléans.

 Comme dans de terribles bayous hantés par les alligators, le lecteur surnage dans un univers chaotique (l’eau monte dans les chaumières et Zola Jackson décide de rester chez elle avec sa chienne Lady). C’est une femme de poigne qui a combattu toute sa vie pour être digne en toute circonstance. On est face à son naufrage physique (elle s’est réfugiée dans son grenier car l’eau a atteint le premier étage, la chaleur est étouffante et les secours trop peu nombreux à arriver) mais aussi à son naufrage moral : elle ressasse sa vie et elle fait le point, sans indulgence, sur ses erreurs.

Si la conclusion est un peu « happy-end », elle est en revanche revigorante : on s’est tellement attaché à Zola et à sa chienne que c’est un plaisir de constater que sa vie sera peut-être moins solitaire après la catastrophe naturelle. Elle a souffert, elle a maintenant le droit à un peu de sérénité…

Au revoir Zola, tu m’as habitée pendant la lecture de ces 139 pages, et bien au-delà !…

 Zola Jackson, Gilles Leroy, Mercure de France, 139p.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…