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Un roman rêvé


La femme et l’ours, Philippe Jaenada, Paris : Grasset, 2011. 311 p. 18 €

Il y a quelque chose de “After hours”, le film de Scorsese, dans ce roman ; la chute du personnage semble guidée par d’incroyables coïncidences, qui l’entraînent toujours plus profondément dans la déglingue, la déchéance et l’absurde. Bix — c’est son nom — s’est disputé avec sa femme et claque la porte. Il retrouve son pote Jésus, clodo poivrot, et les verres se suivent et se ressemblent tristement. Jésus meurt sans résurrection et Bix, d’une fille improbable à l’autre, tente de… De quoi ? Il ne le sait pas très bien. De survivre. De rentrer chez lui, ou de ne pas rentrer. De s’en sortir ou de s’enfoncer plus encore…
Ce serait nauséeux comme une cuite s’il n’y avait l’humour — le vrai, de qui sait rire de soi — et la tendresse, et le style aussi, tissé de trouvailles et bourré de digressions. Et l’intelligence aussi, qui noue les liens entre un conte des Pyrénées et, par exemple, le Kubrick et Schnitzler de “Eyes wide shut”. Un roman comme un long rêve, pas toujours rose.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…