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Un talent royal


BERENBOOM_Roi_ptLe roi du Congo, Alain Berenboom, Paris : Bernard Pascuito, 2009. 390 p. 20 €

Michel Van Loo, le détective plutôt médiocre inventé par Alain Berenboom, est en train de devenir non seulement une figure de la littérature du genre, mais aussi de l’histoire fantasmée de notre pays. Grâce à lui, Berenboom déploie son exceptionnelle connaissance de la Belgique des années d’après-guerre et nous la transmet l’air de rien, par la grâce d’une fiction – ce genre de mensonge qui, comme le rappelait Aragon, est le mieux à même de faire passer quelques vérités essentielles.
Dans son précédent roman, “Périls en ce royaume”, Berenboom traitait de la Question royale et des déchirements de la gauche. Cette fois, on franchit les mers et on plonge dans cette autre question clé : la colonisation, l’exploitation éhontée du Congo sous couvert d’y apporter les bienfaits de la civilisation.
Aux délices de la fiction, Berenboom mêle le sel de son humour. Mais c’est, au final, une formidable leçon d’Histoire.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…