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Une éducation sentimentale


JouglaLe petit philosophe, Stéphane Jougla, Paris : Seuil, 2009. 125 p. 15 €

Le monde de l’enfance est un sujet souvent (mal)traité par les romanciers. La voix d’un enfant, ses fausses naïvetés… n’est pas Romain Gary qui veut, et nombreux échouent, qui sombrent dans le bêtifiant ou le manque de naturel. Stéphane Jougla, avec son petit Louis, nommé philosophe par sa mère, y réussit parfaitement et apporte à ce genre une touche originale et trouble. Car le petit Louis, cerné de mille et un frères, rêve pour sa mère divorcée d’un nouveau père qui le mettrait au monde, enfin. Vite, avant qu’il ne soit trop tard.
Mais voilà, les voies du désir sont capricieuses. L’amant découvert, Denis, est l’homme parfait. Jeune, beau, amoureux des livres. Livres qu’il partage avec Louis, dévoreur. Et Louis, qui n’a pour le corps de sa mère nulle pudeur et nulle inconnue, découvre à treize ans ce que le mot “ami” vient du verbe “aimer”. Denis, l’ami, dans le lit de sa mère. Louis, au pied du lit des amants. Louis philosophe, ami de la sagesse, ami de la tendresse.

Une réaction sur “Une éducation sentimentale”

  1. Jougla dit :

    Cher Monsieur,

    Merci pour votre belle critique de mon roman. Je suis heureux que Louis vous ait intéressé. Votre article donne un compte rendu fidèle, sensible et précis du contenu du livre. Je suis toujours émerveillé lorsqu’un de mes textes touche ainsi un lecteur.
    Merci encore
    Bien cordialement,
    Stéphane Jougla

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…