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Une nuit au BIFFF


Bien que j’aime déguster les films à toutes les sauces, le fantastique n’a jamais été mon genre de prédilection. Toutefois, passer une soirée au BIFFF (Brussels International Fantastic Film Festival) était une lacune à combler d’urgence – le festival existe depuis 28 ans. Voilà qui est chose faite.

Le BIFFF, c’est quoi ? C’est tout d’abord un festival : une douzaine de jours de films en avant-première (belge ou internationale), de copies inédites, de « stars », de festivités (Bal des Vampires, concours de body-painting, stand de maquillages, expos… et j’en passe). Le superbe cadre de Tour & Taxis s’y prête très bien. Les films sélectionnés sont donc tous issus du genre fantastique, mais au sens large : films d’horreur, films de science fiction, film de zombies, comédies horrifiques, slashers gore, séries B ou Z… Avec dans le tas, de l’hémoglobine à volonté. On remarquera dans le programme que les films marqués du petit logo « -16″ sont autorisés au moins de 16 ans. Dans la salle, pas de jeunes ados mais une foule d’aficionados du genre, tous les vétérans, les vieux habitués du BIFFF mêlés aux jeunes néophytes dont je faisais partie. Le plus réjouissant pour les nouveaux, c’est de découvrir la véritable ambiance du festival : celle de la salle obscure, durant les projections. La tradition, puisque c’en est devenue une, c’est de commenter le film à voix haute, comme le ferait une bande de potes affalés dans le canapé, une chope à la main. Ainsi, tout au long du film, des vannes (drôles de préférence) sortent des quatre coins de la salle. L’avantage de cette pratique a priori rebutante, c’est de passer assurément, quelque soit la qualité du film, une bonne soirée de franche rigolade…

Petit lexique (non exhaustif) à l’usage du BIFFF-idus actif :

- Quand le présentateur du film signale que le jury est dans la salle : « BOUJOUR JURY ! »
- Les bandes-annonces sont toutes vivement applaudies, surtout quand elles sont sanglantes.
- Quand s’affiche le texte demandant d’éteindre son portable : « ON S’EN FOUT !! » (dans les trois langues, svp : « DE POT OP ! », « WE DON’T CARE ! »)
- Quand quelqu’un se lève ou arrive en retard : « ASSIS ! ASSIS !! »
- Quand un personnage « oublie » de fermer une porte : « LA PORTE !! »
- Après une effusion de sang : exprimer son enthousiasme. Plus c’est gore, plus les cris et applaudissements seront nourris.
- Quand un personnage vient d’effectuer « un numéro », ou un exploit de très faible importance (par exemple quelques notes au piano) : tout le monde applaudit.
- Quand un personnage est particulièrement méchant : quelqu’un lance « MAIS POURQUOI EST-IL/ELLE SI MECHANT(E) ??? » Réponse de la salle : « PARCE QUE !! »
- S’il y a des baisers ou des scènes d’amour : cris et sifflements, proportionnels à la chaleur des étreintes. Manifester son mécontentement si la scène est écourtée. Si la scène est réussie, s’exclamer « C’EST VRAIMENT UN TRES BON FILM ! »
- Quand on voit un personnage de dos (qu’il y ait un danger ou non) : « DERRIERE-TOI !! »
- Quand un personnage s’aventure vers le danger : « VAS-Y ! » (ou bien, selon l’affection portée au personnage : « N’Y VA PAS ! »)

J’en oublie certainement beaucoup, mais le principe est de fonctionner à l’improvisation. De nouvelles vannes sont inventées à chaque film. Bien sûr, il faut le vivre pour le comprendre. Mais on se marre énormément. On pourrait craindre que cette ambiance ne gâche un film, surtout s’il est bon. Ce n’est pas le cas! D’ailleurs, plus le film est bon et prenant, moins le public chahutera. De plus, cette ambiance bon enfant peut calmer les angoisses de ceux qui sont sensibles aux films effrayants (ils sont, il est vrai, assez rares dans la salle).

Réagissez

    • Il faut

      Si Marine Le Pen ne réunit pas les 500 signatures nécessaires à sa candidature à la Présidentielle, tant mieux ! En 2002, Chirac avait donné des instructions pour que le père les obtienne et puisse concourir : on a vu les conséquences le 21 avril. Il faut récuser l’argument selon lequel « je suis contre vos idées, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez les défendre » : car eux, ne demandent qu’à se débarrasser de nous…

    • Il faut

      Rien ne dit que le sémillant Wade, qui brigue un troisième mandat présidentiel alors que la Constitution du pays ne l’autorise à en accomplir que deux, ne postulera pas, le moment venu, pour un quatrième. Il ne faut pas décourager les vocations, fût-ce à 85 ans (déclarés) comme lui ; d’ailleurs, il y a trop de jeunes au Sénégal…

    • Est-il politiquement correct de se dire que

      des gens à la rue par ce froid n’est pas acceptable. Maggie ne joue pas les enchanteresses. Peter refuse que les bus de l’armée servent aux transports, concurrence avec de Lijn oblige. Et les bien-pensants estiment que « les bobos gauchos » … doivent prendre « en charge, chez eux et à leurs frais, quelques réfugiés économiques ». Triste pays, tristes sires. Personnellement, je préférerais que mes impôts leur servent à quelque chose, plutôt qu’à financer les intérêts notionnels et particuliers de certaines entreprises.