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Une réponse : l’amour


Quand la grande Barbara Streisand fait appel à la pianiste Diana Krall, et au producteur Tommy Lapuma pour enregistrer des reprises des classiques du song book américain, on peut déjà être certain de rencontrer qualité et professionnalisme, tant il est vrai que la star internationale n’a pas vraiment la réputation de se déplacer pour rien, ni de perdre son temps à enregistrer des navets.

Et là où les autres chanteuses de jazz auraient fréquemment tendance à ne pas réussir cet examen avec une grande distinction mais plutôt avec la mention «peut faire mieux ou ne fera pas progresser la musique du 20è siècle», Barbara Streisand ne copie pas, ne se lance pas dans des interprétations délirantes, mais se réapproprie ces superbes chansons au point que certaines d’entre elles semblent enregistrées pour la première fois tant elles sont empreintes du sceau de la beauté et du respect de la partition originelle.

Dès lors, grand sera notre plaisir d’écouter les Gentle rain, Smoke gets in your eyes, Some other time, et bien d’autres standards avec un plus pour cette très belle et étonnante version d’If you go away, soit un Ne me quitte pas dont le grand Jacques aurait certainement apprécié la sensualité et l’émotion inhérentes.

Bien sûr, Love is the answer de Barbara Streisand n’est pas à écouter pour battre le tempo d’un prochain jogging, mais plutôt à réserver à des moments d’intimité, de douceur et pour quoi pas d’amours. La présence de Diana Krall, toujours aussi brillante au clavier, et celle du pianiste new-yorkais Bill Charlap, l’orchestration – pour une fois discrète quand aux références aux cuivres et aux violons – ne font qu’accentuer la qualité acoustique et le plaisir de se laisser bercer par l’enregistrement.

Un bon album qui, bien que de facture très classique, n’aura pas à rougir de figurer dans votre discothèque, au rayon “accompagnement de bons moments”.

Love is the answer / Sony Music

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…