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Vite, avant que tout cela se vérifie !


Ou pas ! Car je ne compte nullement profiter de ce début d’année pour m’ériger en devin. Il me semble néanmoins que, la période aidant (qui favorise sans doute une certaine léthargie de l’esprit, et ainsi entraîne celui-ci dans de coupables facilités), il n’est pas incongru de s’interroger un peu sur l’avenir proche. Je suis prêt à ce que l’on m’oppose un bilan tout différent en fin d’exercice, tout en précisant qu’il ne s’agit pas ici de dire mes préférences, qui sont parfois toutes autres.
Bien sûr, il est des sujets sur lesquels on ne prend pas grand risque à prédire la suite, tant celle-ci, sauf imprévu qui remettrait tout en question et en jeu, ne peut que s’inscrire dans une continuité bien cadrée et éprouvée. Au Moyen-Orient, par exemple, il ne faut pas s’attendre à de grands développements, ni à une reprise, même progressive, de négociations de fond et d’un processus de paix bien lointain entre israéliens et palestiniens, dès lors que les options et les forces en présence sont à ce point inconciliables. Tout au plus peut-on s’attendre à ce qu’un gel des colonisations ne se produira pas : et Ariel Sharon ne sortira probablement pas encore de son coma cette année. Il y a tout de même une certitude : si des pourparlers entre les parties s’engageaient malgré tout, ils ne se dérouleront pas en Grande-Bretagne.
La suite du sommet de Copenhague (remember ?) sur le Climat sera tout aussi prévisible. De nouveaux va-et-vient de diplomates ou de conseillers gouvernementaux mèneront à un texte inoffensif, et qui n’engage pas ses signataires à grand-chose, et certainement pas à des dispositions contraignantes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. En outre, il n’est pas dit qu’autant de Chefs d’Etats présents au Danemark se déplaceront pour ratifier et signer ce bout de papier – histoire de laisser du champ à leurs propres manœuvres à retardement sur la question et ses enjeux planétaires.
Il faudrait veiller à ce que Nicolas Sarkozy engrange enfin un succès probant, après ses innombrables désillusions récentes (Copenhague justement, la taxe carbone recalée, Camus pas accueilli au Panthéon, le «débat» sur l’identité nationale dévoyé, les banques qui jouent perso, les comptes qui n’y sont pas, la dette qui explose, l’Afrique qui se rebiffe, les gros contrats nucléaires qui se dérobent) : peut-être une défaite moindre que prévu aux régionales de mars pourra-t-elle faire l’affaire. Quant à Berlusconi, il sera mis en cause dans quelques scandales de plus (toujours en dessous de la ceinture), sans que sa cote de popularité ne s’en ressente ni que cela nuise à ses prises d’intérêts tous azimuts.
D’une manière générale, par exemple en Europe, il est possible de parier sur un retour de la croissance : mais elle sera sans retombées sur l’emploi qui, au contraire, va se raréfier. De même, elle n’aura que peu d’incidences sur le pouvoir d’achat, dont la stagnation aura elle-même une influence néfaste sur la consommation des ménages. Mais je préfère quitter ce cycle économique par trop mécanique…
BHV. Pas simple de résumer la chose en peu de lignes. Jean-Luc Dehaene mettra sur la table, aux alentours du printemps, une proposition pour tenter de régler le contentieux. Je ne sais de quelle nature elle pourrait être : mais elle sera très difficile à refuser. On peut tout de même supposer qu’elle impliquera la scission de l’arrondissement : le tout étant de voir si des compensations pour les francophones, et lesquelles, y figureront. Pour éviter au Gouvernement fédéral de devoir démissionner pendant la présidence belge de l’UE (juin à décembre), un nouveau conflit d’intérêts sera sans doute déposé, cette fois par la Région Bruxelloise, puisqu’il est bien clair qu’aucune solution définitive sur BHV (condition de certains partis flamands) ne pourra intervenir en si peu de temps. Bon, j’en reste là : là aussi, le cycle aura du mal à se rompre…
Enfin, on pourrait assister à quelques surprises. Ce qui s’est passé dans l’accorte commune de Jette aux alentours de la Noël 2009 doit encore être analysé avec la finesse qui convient. Mais il se pourrait que l’inénarrable Merry Hermanus, qui a les antécédents que l’on sait, et qui se retrouve désormais dans l’opposition au Conseil Communal, adopte la posture du Chevalier Blanc dénonçant les turpitudes financières du Collège désormais abhorré. Voilà qui manquait assurément à la panoplie des tendances et des traits de l’époque.
D’autre part, il est bien possible que Karel De Gucht, en dépit de son pouvoir et en raison de ses déclarations répétées, soit désormais contraint d’entrer clandestinement sur le territoire de la République Démocratique du Congo. A chacun son tour ! Mais naturellement, ses écarts de langage sur la conduite du pays jusque dans la touffeur d’un camp reculé dans la jungle le feront instantanément repérer : et il sera reconduit sans attendre à la frontière…
En somme, une mauvaise et une excellente surprises…

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    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…