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Vogue la galère !…


9782867465031 Auteur de trois romans dont le délicieux Tribulations d’un précaire, l’auteur américain Ian Levison publie aux éditions Liana Levi une nouvelle fiction loufoque et désenchantée, Trois hommes, deux chiens et une langouste. Avec ironie et tendresse, l’auteur campe trois personnages paumés : Kevin, Mitch et Doug. Les trois inséparables tentent de survivre mais la vie en Pennsylvanie n’est pas rose. Kévin, marié et père d’une petite fille, sort de prison pour avoir cultivé de la marijuana. Poussé par sa femme Lynda, il survit en promenant les clebs de quelques gens fortunés. Mitch, diplômé de lettres, travaille dans le rayon auto d’un supermarché et se fait virer pour une stupide blague téléphonique. Quant à Doug, il perd son job de cuisinier lorsque le restaurant où il travaille fait faillite.
Les trois amis, véritables ados attardés, se retrouvent donc quotidiennement dans un salon crasseux à fumer de l’herbe et à établir des plans sur la comète. Il faut dire que la petite ville de Walston n’est pas l’endroit rêvé pour trouver du boulot : ancienne cité minière des environs de Pittsburgh, elle n’offre que peu d’opportunité mais en revanche beaucoup de pollution à en croire l’usine de traitement de métaux qui crache jour après jour une fumée noire et épaisse. Défoncés la moitié du temps, les trois compères se perdent en plans foireux : ils tentent le vol d’une Ferrari (ce qui nous vaut quelques pages merveilleuses) et mettent ensuite au point un trafic de médicaments. Dépités par les échecs et manquant cruellement d’argent, ils finissent par tenter le tout pour le tout : attaquer un fourgon blindé…
Si on rit beaucoup, on ne peut s’empêcher d’être apitoyé par ces gentils monte-en-l’air qui veulent juste sortir la tête hors de l’eau : payer les factures et s’offrir un voyage. Petite merveille d’humour fin et dérisoire, le roman de Iain Levison met à jour la faillite d’une société où les plus belles espérances finissent par prendre l’eau.
Trois hommes, deux chiens et une langouste. Iain Levison, traduit de l’américain par Fanchita Gonzales Batlle, Liana Levi, 267 p.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…