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Zaventem, morne plaine


On dit souvent qu’il y a des combats perdus d’avance. Mon père avait, pour cette opinion, une profonde détestation. Même contre la mort, il s’est battu jusqu’à la dernière seconde. Pourtant, quand on voit “l’évolution” du dossier du survol des avions atterrissant ou décollant de Zaventem, il y a de quoi se décourager.
Pour les habitants du Brabant wallon, la situation ne fait que se dégrader et personne, dans le monde politique wallon, malgré les demandes insistantes de ses habitants, ne semble prêt à les représenter auprès des administrations compétentes et à défendre énergiquement leurs intérêts bafoués unilatéralement par des ministres flamands soucieux de défendre leur électorat et d’assurer une quiétude dominicale aux membres de leur famille. Dimanche dernier, le Brabant a été survolé toutes les deux minutes, parfois si bas que l’on pouvait clairement distinguer les logos des compagnies. Contacté pour obtenir une explication, le médiateur n’a pas été capable de donner une réponse précise et a évoqué l’impossibilité “probable” d’utiliser la piste prévue. Pour le lendemain, il a mentionné des vents “d’intensité particulièrement variables”. Si vous vous rendez sur le site de Belgocontrol, l’organisme supposé gérer les trafics aériens dans le respect de la loi et des normes de sécurité, vous avez la curieuse impression de plonger dans un labyrinthe dont il est impossible de sortir, du moins avec les informations recherchées. Les rares feuilles de route fournies s’arrêtent toutes… à la limite du Brabant. Impossible donc de disposer de données fiables sur le survol de cette province. Preuve également que les autorités en charge du trafic s’en soucient comme de leur premier décollage. Je sais : c’est la troisième chronique que je consacre à ce sujet. J’aimerais bien pouvoir parler d’autre chose. Mais comment accepter, cependant, que l’on invoque des normes de vent supposées répondre à des critères de sécurité quand, d’abord, ces normes varient plus que les vents eux-mêmes, quand leur application, ensuite, est opaque et quand, enfin, elle conduit à faire survoler des zones à forte densité et à emprunter une piste reconnue comme dangereuse, parce qu’en pente et trop courte ? Caprice de nantis ? Non ; prise en compte des véritables impératifs de sécurité et défense d’une véritable qualité de vie où l’on ne considère pas que la croissance à tout prix est garante du bonheur. Le développement de Zaventem ne produit que marginalement de la croissance, et à coup sûr des nuisances. Il faut penser le développement à long terme, et avec des critères nouveaux. Durables. Si la Belgique veut vraiment être un modèle, qu’elle ait le courage de repenser complètement son trafic aérien. Dans dix ans, contrairement à ce que craint Herman De Croo, personne ne se moquera de nous si nous réduisons aujourd’hui les activités de Zaventem. On contraire : on louera notre prévoyance et notre clairvoyance. Mais le long terme et la politique…

Réagissez

    • Il faut

      Si Marine Le Pen ne réunit pas les 500 signatures nécessaires à sa candidature à la Présidentielle, tant mieux ! En 2002, Chirac avait donné des instructions pour que le père les obtienne et puisse concourir : on a vu les conséquences le 21 avril. Il faut récuser l’argument selon lequel « je suis contre vos idées, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez les défendre » : car eux, ne demandent qu’à se débarrasser de nous…

    • Il faut

      Rien ne dit que le sémillant Wade, qui brigue un troisième mandat présidentiel alors que la Constitution du pays ne l’autorise à en accomplir que deux, ne postulera pas, le moment venu, pour un quatrième. Il ne faut pas décourager les vocations, fût-ce à 85 ans (déclarés) comme lui ; d’ailleurs, il y a trop de jeunes au Sénégal…

    • Est-il politiquement correct de se dire que

      des gens à la rue par ce froid n’est pas acceptable. Maggie ne joue pas les enchanteresses. Peter refuse que les bus de l’armée servent aux transports, concurrence avec de Lijn oblige. Et les bien-pensants estiment que « les bobos gauchos » … doivent prendre « en charge, chez eux et à leurs frais, quelques réfugiés économiques ». Triste pays, tristes sires. Personnellement, je préférerais que mes impôts leur servent à quelque chose, plutôt qu’à financer les intérêts notionnels et particuliers de certaines entreprises.